NON au retour du pesticide tueur d'abeilles

Destinataire(s) : Annie Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
NON au retour du pesticide tueur d'abeilles

Il y a un an, nous avions gagné.

En août 2025, le Conseil constitutionnel censurait la réintroduction de l'acétamipride, ce pesticide interdit en France depuis 2018 pour sa toxicité sur les pollinisateurs. 

Les Sages avaient été clairs : ce néonicotinoïde et ses semblables "ont des incidences sur la biodiversité, en particulier pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux", et "induisent des risques pour la santé humaine". (1)

Cette victoire, nous ne l'avions pas volée. 2,1 millions de citoyens avaient signé une pétition pour l'obtenir. Un record historique en France. (2)

Un an plus tard, presque jour pour jour, le même sénateur est revenu à la charge avec un nouveau texte. Et le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a validé la réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone. (3)

Ce que 2,1 millions de Français avaient obtenu vient d'être repris, par la petite porte !

C’est scandaleux.

Un poison pour les abeilles, validé une deuxième fois

L'acétamipride et le flupyradifurone font partie de la famille des néonicotinoïdes.

Ce sont des insecticides systémiques qui imprègnent la plante entière, y compris son pollen et son nectar. 

C'est précisément ce qui les rend si dangereux pour les abeilles : elles n'ont même pas besoin d'être directement pulvérisées pour être empoisonnées, il leur suffit de butiner une fleur traitée.

Le Conseil constitutionnel lui-même l'a reconnu noir sur blanc en 2025 : ces substances ont des incidences documentées sur la biodiversité, en particulier pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux. (1)

Malgré cela, la nouvelle loi d'urgence agricole confie désormais à l'ANSES le pouvoir d'accorder, filière par filière, des dérogations permettant leur usage sur la noisette, la betterave sucrière, la pomme et la cerise. (4)

Autrement dit : le même poison, réintroduit un an après avoir été retoqué, sous une nouvelle formulation juridique.

Nous devons absolument crier haut et fort notre indignation. 

Car, en face, les défenseurs de ces pesticides sont prêts à tout pour mener à bien leur projet écocidaire.

Un sénateur qui n'a jamais renoncé

Le sénateur Laurent Duplomb n'a pas accepté la censure de 2025. Il est revenu avec un nouveau texte, déposé début 2026, qui reprend un mécanisme comparable de dérogation. (5)

Le 29 juin 2026, le Sénat adopte l'article 2 de ce nouveau texte. Le 20 juillet, l'Assemblée nationale l'entérine à son tour, par 296 voix contre 224. (6)

Des députés de gauche saisissent alors le Conseil constitutionnel, le 24 juillet, pour tenter une nouvelle censure. (7)

Mais cette fois, les Sages ont estimé que le nouveau texte encadrait suffisamment le retour de ces substances. Le 14 août 2026, ils valident l'essentiel de la loi. (3)

Ce que nous avions arrêté une fois peut donc revenir, à condition de mieux l'habiller juridiquement ! C'est ce qui vient de se produire.

Nous pouvons encore sauver nos abeilles !

Tout n'est pas perdu.

Le 29 juillet 2026, l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) avait elle aussi saisi le Conseil constitutionnel. 

Sa mobilisation a porté ses fruits : dans sa décision du 14 août, le Conseil constitutionnel a émis une réserve d'interprétation qui durcit les conditions d'autorisation. 

Concrètement, l'ANSES devra désormais examiner chaque demande de dérogation de façon systématique et approfondie. Et en cas de silence de l'agence, la demande sera automatiquement rejetée, et non plus acceptée par défaut. (8)

Cette victoire partielle prouve une chose : la mobilisation citoyenne fonctionne, même quand la loi finit par passer. 

Chaque dérogation devra désormais être arrachée une par une, dossier par dossier, à une agence sous surveillance.

C'est maintenant que notre voix doit peser sur ces décisions à venir.

Je signe la pétition contre le retour du pesticide tueur d'abeilles

Ce que nous risquons si nous ne faisons rien

Une ruche silencieuse. Un verger traité à l'acétamipride, où plus rien ne bourdonne.

Un apiculteur qui découvre ses colonies décimées, sans autre explication qu'une dérogation signée dans un bureau, loin de ses ruches.

Et derrière, un risque plus large encore : sans pollinisateurs, ce sont des pans entiers de notre agriculture qui vacillent… et notre propre assiette qui en paiera le prix.

Ce scénario, nous l'avons déjà empêché une fois. Nous pouvons recommencer.

Ce que nous exigeons

  1. Que l'ANSES refuse systématiquement les demandes de dérogation à l'interdiction de l'acétamipride et du flupyradifurone, en l'absence de toute garantie sérieuse pour les pollinisateurs

  2. Qu'un moratoire soit posé sur toute nouvelle dérogation le temps qu'une étude d'impact indépendante sur les pollinisateurs soit menée

  3. Qu'aucune dérogation ne soit accordée sans consultation publique préalable, filière par filière

Nous l'avons fait une première fois, à 2,1 millions. Nous pouvons peser à nouveau sur les décisions de l'ANSES.

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Auteur : Laurent T.

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