Ils ont survécu aux flammes de 2019 — ne les laissons pas tomber sous le caprice d'un seul homme.
Citoyennes, citoyens, amoureux du patrimoine,
C'est un acte inacceptable qui se prépare sous nos yeux. Six vitraux conçus par Eugène Viollet-le-Duc — classés monuments historiques, intacts, restaurés, nettoyés — vont être arrachés de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour être remplacés par des créations contemporaines. Non pas parce qu'ils sont endommagés. Non pas parce qu'ils sont irréparables. Mais parce que le président de la République a décidé, seul, d'y laisser sa marque.
Cela vous indigne ? Nous aussi. Et nous ne nous tairons pas.
LES FAITS : UNE DÉCISION IMPOSÉE CONTRE L'AVIS DES EXPERTS
En décembre 2023, Emmanuel Macron annonce vouloir installer des vitraux contemporains dans six des sept chapelles du bas-côté sud de Notre-Dame. L'artiste Claire Tabouret est retenue après un concours ayant réuni 110 duos d'artistes et de maîtres verriers. Coût du projet : 4 millions d'euros d'argent public.
Or, que disent les instances compétentes de notre République ?
La Commission nationale du patrimoine et de l'architecture (CNPA) a voté à l'unanimité contre ce projet en juillet 2024. Ses rapports concluaient sans ambiguïté que les vitraux du XIXe siècle n'ayant pas été endommagés par l'incendie, leur remplacement n'était pas justifié.
En juin 2025, cette même CNPA n'a toujours pas validé le projet : elle a simplement « pris acte » de la volonté de l'exécutif de poursuivre malgré tout. Prendre acte n'est pas approuver. C'est constater l'entêtement du pouvoir.
L'association Sites & Monuments a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris. L'association Restaurons Notre-Dame dénonce une rupture avec les principes fondamentaux de la restauration monumentale. Le Salon Beige a saisi la justice administrative.
Même l'ancienne ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, avait estimé ce projet irrecevable, rappelant les engagements de la France au titre de la Charte de Venise.
Quand tous les experts disent non, quand la Commission nationale dit non, quand les associations patrimoniales disent non, quand plus de 300 000 citoyens ont déjà signé une pétition de refus — qui, alors, dit oui ? Un seul homme.
POURQUOI CE REMPLACEMENT EST INADMISSIBLE
1. Des vitraux intacts, classés, restaurés
Les vitraux de Viollet-le-Duc n'ont subi aucun dommage lors de l'incendie du 15 avril 2019. Ils ont même été soigneusement nettoyés et consolidés dans le cadre du chantier de restauration. Ils sont classés monuments historiques, au même titre que l'ensemble de la cathédrale. On ne remplace pas une œuvre d'art parce qu'on en a envie. On la protège parce qu'on en a le devoir.
2. La trahison de la restauration à l'identique
L'immense élan de solidarité mondiale qui a permis la renaissance de Notre-Dame reposait sur une promesse : restaurer la cathédrale dans son état historique. Des milliers de donateurs — français et étrangers — ont donné pour que Notre-Dame retrouve son âme, pas pour qu'on la défigure. Remplacer des vitraux intacts, c'est trahir cette promesse.
3. La Charte de Venise bafouée
La France est signataire de la Charte internationale de Venise de 1964, cadre fondamental de la préservation du patrimoine mondial. Ce texte stipule que la restauration doit « se fonder sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques ». Il interdit en principe le remplacement d'œuvres existantes par de nouvelles. Certes, cette charte n'est pas juridiquement contraignante — mais elle engage moralement notre pays. L'ignorer, c'est déshonorer la parole de la France devant la communauté internationale.
4. L'œuvre cohérente de Viollet-le-Duc brisée
Les vitraux de Notre-Dame ont été conçus comme un ensemble cohérent. Viollet-le-Duc avait pensé une hiérarchisation de l'espace et une unité architecturale entre les verrières décoratives en grisaille des chapelles et les vitraux historiés du chœur et du transept. En arracher six sur sept dans le bas-côté sud, c'est amputer une vision artistique globale, mûrie pendant une décennie avant d'être réalisée entre 1855 et 1865.
5. Un précédent dangereux
Si l'on accepte aujourd'hui de retirer des œuvres classées, intactes, d'un monument historique au nom du bon vouloir d'un dirigeant, quel monument sera le prochain ? Quelles fresques, quelles sculptures, quels décors anciens seront demain sacrifiés sur l'autel de la « modernité » ? Ce que l'on tolère à Notre-Dame, on le tolèrera partout.
CE QUE NOUS DEMANDONS
En signant cette pétition, nous, citoyennes et citoyens attachés au patrimoine commun de la France et de l'humanité, demandons solennellement :
L'abandon immédiat du projet de remplacement des six vitraux de Viollet-le-Duc dans les chapelles du bas-côté sud de Notre-Dame de Paris.
Le maintien en place — ou la réintégration — de ces vitraux historiques dans la cathédrale, là où ils ont été conçus pour exister, là où ils prennent tout leur sens.
Le respect scrupuleux des avis de la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture, dont l'expertise ne saurait être réduite à un avis décoratif.
La transparence totale sur les 4 millions d'euros d'argent public engagés dans ce projet contesté, et la réaffectation de ces fonds à la restauration des éléments réellement endommagés de la cathédrale.
Un débat public digne de ce nom sur toute intervention future sur le patrimoine classé de Notre-Dame, impliquant les citoyens, les historiens de l'art, les spécialistes du patrimoine et les associations concernées — et non un fait accompli imposé d'en haut.
POURQUOI SIGNER ? POURQUOI MAINTENANT ?
Parce que les vitraux de Viollet-le-Duc pourraient être déposés dans les prochains mois. Parce que la fabrication des nouveaux vitraux est en cours dans les ateliers Simon-Marq à Reims. Parce que le premier vitrail contemporain pourrait être installé dès la rentrée 2026. Le temps joue contre nous.
Notre-Dame de Paris n'appartient pas à un président, ni à un archevêque, ni à un gouvernement. Elle appartient à tous. Elle est l'héritage de huit siècles d'histoire, de foi, de génie architectural. Elle est le bien commun de la nation et du monde entier.
On ne demande pas de refuser la modernité. On ne demande pas de figer Notre-Dame dans le passé. On demande simplement qu'on ne détruise pas ce qui existe, ce qui est intact, ce qui est beau, ce qui a du sens — pour satisfaire un ego ou une lubie passagère.
Les vitraux contemporains ont toute leur place dans l'architecture ancienne… quand ceux d'origine ont disparu. Ici, ils n'ont pas disparu. Ils sont là. Ils nous regardent. Ils nous implorent de ne pas les abandonner.
Signez cette pétition. Partagez-la. Faites entendre notre voix.
Ensemble, défendons Notre-Dame. Ensemble, protégeons notre patrimoine. Ensemble, refusons qu'on nous vole ce qui nous appartient.
« Notre-Dame n'est pas un caprice. C'est un héritage. Défendons-le. »
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