« Pendant près de dix ans, de 2009 à 2018, j’ai donc pris ce traitement quasiment tous les jours sans jamais avoir été informée des risques pour ma santé. »ᵇ
Ces mots sont ceux d’Élise Richard, journaliste. Le traitement, c’est l’Androcur. Le résultat : une tumeur au cerveau, qu’elle fait surveiller par IRM chaque année depuis huit ans.ᵃ
Son enquête, « Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? », a été diffusée mardi 13 octobre sur France 5.ᵃ
Elle n’est pas seule. Selon une estimation officielle, plus de 2 000 femmes auraient été opérées du cerveau à cause de ces médicaments en dix ans.¹
Et que répond le ministère de la Santé à celles qui demandent réparation ? Qu’elles sont trop peu nombreuses pour mériter un fonds d’indemnisation, comme pour le Mediator ou la Dépakine !ᶜ
Vous trouvez ça normal, vous ? Bien sûr que non ! Je vous donne mes arguments ci-dessous.
Les victimes ne sont pas un « nombre relativement restreint » !
…Des tumeurs au cerveau sur ordonnance…
…Des victimes reconnues par la justice…
…Et un ministère qui fait ses comptes !
Victimes des progestatifs : un fonds d’indemnisation, MAINTENANT !
Entre 2009 et 2018, plus de 2 000 opérations du cerveau seraient attribuables à trois médicaments hormonaux : l’Androcur, le Lutényl et le Lutéran, selon le groupement EPI-PHARE (ANSM et Assurance maladie).¹
Deux tribunaux, à Poitiers le 2 juin 2025 et à Paris le 29 septembre 2025, ont déjà retenu la responsabilité du laboratoire et du médecin prescripteur.²,³
Pourtant, le ministère de la Santé refuse de créer un fonds d’indemnisation dédié, invoquant le « nombre relativement restreint de dossiers ».³
C’est pour cela que je demande aujourd’hui que Mme Stéphanie Rist crée un fonds d’indemnisation amiable dédié aux victimes de méningiomes liés aux progestatifs, comme pour le Mediator et la Dépakine.
Et je vous demande de m’aider à faire remonter ce message aux plus hautes autorités.
J’exige un fonds d’indemnisation dédié pour les victimes des progestatifs
Des tumeurs au cerveau… sur ordonnance
Le méningiome est une tumeur qui se forme sur les méninges, les membranes qui entourent le cerveau.
Elle est le plus souvent bénigne (non cancéreuse). Mais selon sa taille et sa place, elle peut imposer une chirurgie lourde et à risque.¹⁰
Laëtytia est devenue hémiplégique après son opération et a dû « tout réapprendre : me lever, parler… ». Anne, elle, a perdu l’odorat pour toujours.ᵃ
Ces médicaments étaient prescrits pour l’acné, la pilosité excessive, l’endométriose, la ménopause ou les troubles du cycle.ᵃ
Et les chiffres de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) eux-mêmes font froid dans le dos :
Androcur à forte dose : risque de méningiome multiplié par 7 après 6 mois, et par 20 après 5 ans de traitement.⁴
Lutényl : risque multiplié par 12,5 après l’équivalent de 5 ans de traitement.⁵
Lutéran : risque multiplié par 7 après l’équivalent de 3,5 ans de traitement.⁵
Combien de femmes exposées ? Rien que pour le Lutényl et le Lutéran, 1,8 et 1,5 million de femmes en ont consommé entre 2007 et 2018.⁵
Le danger était connu… on a attendu 2018 pour vraiment alerter
Un article scientifique évoquait dès 2008 un lien entre l’Androcur et ces tumeurs.²
La notice a bien été modifiée en janvier 2011.⁷ Mais selon le tribunal de Poitiers, le laboratoire n’en a informé que les médecins spécialistes, pas les généralistes, ni les pharmaciens.⁶
Selon un avocat de victimes, un signal de pharmacovigilance aurait même émergé dès 2003-2004.ᵇ
Résultat : il a fallu attendre 2018 pour que l’ANSM lance une information régulière et massive sur ce risque.⁷
Pendant ce temps, des femmes continuaient d’avaler leurs comprimés sans rien savoir.
À Poitiers, une patiente traitée de 1991 à 2013 a obtenu environ 325 000 euros. Les juges ont pointé un « défaut d’information » des laboratoires.² Le laboratoire Bayer a annoncé faire appel.⁶
Faudra-t-il que chaque victime mène seule, pendant des années, son propre procès contre un géant pharmaceutique ? NON !
98 dossiers : le chiffre qui devrait faire honte au ministère
Au 3 février 2026, seuls 98 dossiers avaient été enregistrés devant les commissions d’indemnisation (CCI).³
Pour le ministère, c’est la preuve qu’un fonds dédié est inutile.³
Mais mettez ces deux chiffres côte à côte : plus de 2 000 opérations estimées par les autorités elles-mêmes¹… et 98 dossiers.³
Selon moi, ce gouffre ne prouve pas qu’il y a peu de victimes. Il prouve que le parcours actuel décourage celles qui existent.
Les associations de victimes, comme l’AMAVEA, réclament justement un dispositif sur le modèle du Mediator et de la Dépakine, avec un collège d’experts spécialisés, pour éviter des expertises « particulièrement éprouvantes ».⁷
Ces dispositifs existent, et ils fonctionnent : le collège Mediator a reçu près de 10 272 demandes depuis 2011. Le dispositif Dépakine a déjà versé 122,7 millions d’euros aux victimes.⁸
Pour les femmes opérées du cerveau, en revanche, on parle « d’efficience des moyens publics ».³
Bravo la logique comptable !
Et maintenant, la pilule ?
En août 2026, l’alerte s’est étendue à des contraceptifs très courants à base de désogestrel et d’étonogestrel : des pilules, l’implant Nexplanon et l’anneau vaginal.⁹
Une étude française montre un risque de méningiome multiplié par environ 2 après 7 ans d’utilisation.⁹
Soyons honnêtes : ce risque reste très faible. On estime à un cas supplémentaire pour 67 300 femmes traitées, et ce surrisque disparaît un an après l’arrêt.⁹
Mais en septembre 2026, 1,6 million de femmes ont reçu un courrier de l’ANSM à ce sujet.¹⁰
Comprenez-moi bien : cette pétition n’est pas « anti-contraception », et elle n’a rien de « complotiste ». Ses chiffres viennent des autorités sanitaires elles-mêmes.
Je ne dis à personne d’arrêter son traitement. L’ANSM recommande d’ailleurs de ne pas arrêter sa contraception de sa propre initiative et d’en parler à son médecin ou à sa sage-femme.¹⁰
Je dis simplement ceci : quand un médicament abîme des vies, l’État doit réparer vite et dignement. Pas dans dix ans, pas au compte-gouttes.
Et c’est pour cela que j’exige dès à présent que l’État crée un fonds d’indemnisation dédié aux victimes.
J’exige un fonds d’indemnisation dédié pour les victimes des progestatifs
Les victimes des progestatifs ne sont pas des victimes de seconde zone !
Les victimes du Mediator ont obtenu leur fonds. Les victimes de la Dépakine aussi.
Pourquoi les femmes opérées du cerveau devraient-elles se contenter de moins ?
Mardi 13 octobre, ce scandale était sur France 5. C’est maintenant que tout se joue.
Signez, partagez, parlez-en autour de vous : à vos filles, à vos sœurs, à vos amies, à votre médecin même.
Plus nous serons nombreux, plus notre voix portera. J’ai besoin de vous aujourd’hui.
a. « “Traitements hormonaux, le nouveau scandale sanitaire ?” sur france.tv : quand se soigner rend malade », La Croix, 07/10/2026 – https://www.la-croix.com/culture/traitements-hormonaux-le-nouveau-scandale-sanitaire-sur-francetv-quand-se-soigner-rend-malade-20261006
b. « Un méningiome en embuscade », France TV & Vous (France Télévisions) – https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/les-programmes-a-ne-pas-rater/enquete-de-sante-traitements-hormonaux-le-nouveau-scandale-sanitaire-60609
c. Réponse du ministère de la Santé à la question écrite de M. Daniel Salmon, JO Sénat, 05/03/2026 – https://www.senat.fr/questions/base/2026/qSEQ260107498.html
« Utilisation de progestatifs et risque de méningiome intracrânien », L’Assurance Maladie / GIS EPI-PHARE (étude de juillet 2022, Hoisnard et al., Eur J Neurol) – https://www.assurance-maladie.ameli.fr/etudes-et-donnees/2022-progestatif-meningiome-intracranien
« Les laboratoires Bayer, Sandoz et Viatris condamnés au civil pour “défaut d’information” sur le lien entre le médicament Androcur et le méningiome », franceinfo, 02/06/2025 – https://www.franceinfo.fr/sante/medicament/les-laboratoires-bayer-sandoz-et-viatris-condamnes-au-civil-pour-defaut-d-information-sur-le-lien-entre-le-medicament-androcur-et-le-meningiome_7287537.html
« Mise en place d’un dispositif d’indemnisation amiable pour les victimes de méningiomes liés aux progestatifs de synthèse », réponse ministérielle, JO Sénat, 05/03/2026 – https://www.senat.fr/questions/base/2026/qSEQ260107498.html
« Androcur et risque de méningiome », dossier thématique, ANSM – https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/androcur-et-risque-de-meningiome
« Lutényl/Lutéran et génériques : recommandations préliminaires suite à la confirmation du sur-risque de méningiome », ANSM – https://ansm.sante.fr/actualites/lutenyl-luteran-et-generiques-recommandations-preliminaires-suite-a-la-confirmation-du-sur-risque-de-meningiome
« Lien entre un médicament et des tumeurs : Bayer, Sandoz et Viatris condamnés au civil en France, une première », L’Obs (AFP), 02/06/2025 – https://www.nouvelobs.com/justice/20250602.OBS104545/lien-entre-un-medicament-et-des-tumeurs-bayer-sandoz-et-viatris-condamnes-au-civil-en-france-une-premiere.html
Question écrite n° 9184 de Mme Danièle Obono et réponse du ministère, JO AN, 10/03/2026 – https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE9184
Rapport d’activité 2025, ONIAM, 25/06/2026 – https://www.oniam.fr/indemnisation-accidents-medicaux/rapport-d-activite
« Contraceptifs à base de désogestrel et d’étonogestrel : risque de méningiome et mesures pour minimiser le risque », lettre aux professionnels de santé, ANSM, août 2026 – https://ansm.sante.fr/uploads/2026/08/11/20260811-dhpc-desogestrel-etonogestrel-aout-2026.pdf
« Contraception à base de désogestrel et risque de méningiome : questions-réponses », ANSM, 10/09/2026 – https://ansm.sante.fr/actualites/contraception-a-base-de-desogestrel-et-risque-de-meningiome-questions-reponses
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