27 janvier 2025
Le 26 novembre 2024, dans l’Avantage Gaspésien, la population de la Haute-Gaspésie apprenait que les élus et la MRC de la Haute-Gaspésie ne souhaitaient pas aller de l’avant avec le projet pilote du revenu minimum garanti présenté par la Direction régionale de santé publique de la Gaspésie-îles-de-la-Madeleine (DSPGIM). Nous ne connaissons pas les raisons qui ont mené à cette décision, ni le contexte dans lequel la MRC a reçu le dossier. De plus, aucune trace de ce dossier, qu’elle soit verbale ou écrite, ne figure dans les procès-verbaux ou ordres du jour du Conseil des maires.
À la lecture de la proposition de projet pilote de la DSPGIM, nous comprenons que les préfets de la Gaspésie ont convenu que l’une de leurs cinq priorités d’actions était la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Ils ont fixé cette priorité dans le contexte du renouvellement de la Stratégie gouvernementale pour l’occupation et la vitalité des territoires. Ils souhaitent, entre autres, favoriser des initiatives innovantes pour réduire l’écart entre le revenu viable et le revenu actuel. Nous saluons ce travail, mais ne comprenons pas la décision de rejeter en bloc le projet pilote du revenu minimum garanti qui vise justement à réduire cet écart de revenu.
En effet, la MRC de la Haute-Gaspésie fait face à de nombreux défis : le maintien des services de proximité, le transport des marchandises, la rétention de la main-d'œuvre qualifiée, la crise au sein des secteurs des pêches et de la foresterie, etc. En 2021, le revenu disponible par habitant était de 25 820$ en Haute-Gaspésie, alors qu’il était de 30 721$ dans l’ensemble du Québec. Notre région détient le revenu disponible le plus faible de tout le Québec. Dans ce contexte, un projet de revenu minimum garanti viendrait réellement freiner la dévitalisation de la Haute-Gaspésie. Non seulement il réduirait les écarts de revenu, mais il stimulerait également l’implantation d’initiatives sociales et économiques locales. Des projets pilotes similaires ailleurs au Canada ont démontré que le revenu minimum garanti constitue sans aucun doute un important levier de développement.
La population de la Haute-Gaspésie est en droit de savoir pourquoi les élus ont refusé d’aller plus loin dans ce dossier. Nous, sousigné.es, demandons aux instances impliquées dans cette décision deux choses :
1. Mettre en lumière les procédures démocratiques ayant mené au refus.
2. Engager un réel dialogue avec la population à propos du projet pilote de revenu minimum garanti.
Nous demandons que ce dialogue se fasse de manière démocratique, accessible et transparente. Les instances politiques prétendent vouloir lutter contre la dévitalisation du territoire et contre la pauvreté. Nous nous attendons à une stratégie conséquente et cohérente.
Crédit photo : Denis Chabot
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