Pour l'interdiction immédiate du tourisme de masse sur la Mer de Glace de Chamonix !

Destinataire(s) : Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
Pour l'interdiction immédiate du tourisme de masse sur la Mer de Glace de Chamonix !

Vous avez peut-être vu ces photos avant/après qui glacent le sang : là où s'étendait un océan de glace il y a encore 30 ans, il ne reste plus qu'un canyon de roche nue : 

Et ce n'est pas une impression. C'est un fait scientifique.

La Mer de Glace, plus grand glacier de France, a déjà perdu plus de la moitié de sa surface en un siècle. Elle recule aujourd'hui de 15 à 20 mètres par an. Les glaciologues sont formels : à ce rythme, elle pourrait perdre 80 % de son volume actuel d'ici la fin du siècle.

Et pourtant, chaque année, des centaines de milliers de touristes continuent d'affluer pour "profiter" du spectacle pendant qu'il en est encore temps.

Un glacier à l'agonie transformé en attraction touristique

Pendant que la Mer de Glace agonise, que fait-on ?

On investit. En 2025, une toute nouvelle télécabine a été mise en service pour continuer à acheminer les visiteurs jusqu'au glacier. Des centaines de marches ont été ajoutées au fil des années, prolongées année après année pour suivre la fonte et permettre aux touristes de continuer à descendre jusqu'à la glace.

Autrement dit : plutôt que de protéger ce qu'il reste du glacier, on construit toujours plus d'infrastructures pour l'exploiter jusqu'à la dernière goutte.

Le glacier meurt sous nos yeux, mais l'économie touristique locale, elle, continue de tourner à plein régime sur son cadavre.

Est-ce vraiment ce que nous voulons laisser à nos enfants ? Un site classé "en voie de disparition" transformé en parc d'attraction jusqu'à son dernier souffle ?

Un symbole du dérèglement climatique... qu'on continue de piétiner

Les chiffres sont sans appel :

  • Perte de plus de la moitié de la surface du glacier en 100 ans

  • Recul de 15 à 20 mètres par an actuellement, contre quelques mètres par an il y a un siècle

  • Au point le plus bas, l'épaisseur de glace a diminué de 200 mètres en un peu plus d'un siècle

  • 80 % du volume restant pourrait disparaître d'ici 2100

  • Les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que la moyenne mondiale

Face à un déclin aussi brutal, la question n'est plus "comment continuer à accueillir les touristes ?" mais "comment limiter au maximum notre impact sur ce qui reste ?"

Le piétinement quotidien de dizaines de milliers de visiteurs, les infrastructures construites à même la roche fragilisée, les groupes électrogènes, les rejets liés au transport : tout cela n'aide en rien un écosystème déjà à l'agonie.

Ailleurs, on protège. Ici, on construit des télécabines.

Partout dans le monde, des sites naturels fragiles ont déjà pris des mesures radicales pour limiter leur dégradation : accès contingenté, fermeture saisonnière, interdiction pure et simple de certains sentiers ou zones sensibles.

Pourquoi la France continuerait-elle, elle, à investir dans l'accès touristique d'un site officiellement voué à disparaître ?

Faut-il vraiment attendre que la Mer de Glace ne soit plus qu'un lointain souvenir pour se dire qu'on aurait dû agir plus tôt ?

Le temps presse, littéralement

Ce glacier a mis des millénaires à se former. Il pourrait avoir disparu dans moins de 80 ans si rien ne change.

Nous ne demandons pas l'impossible. Nous demandons simplement que la préservation du peu qu'il reste passe enfin avant le profit touristique à court terme.

C'est pourquoi nous exigeons :

  1. L'interdiction immédiate de l'accès touristique de masse aux zones les plus fragiles de la Mer de Glace, notamment pendant les périodes de fonte critique (été)

  2. L'arrêt de tout nouvel investissement dans les infrastructures d'accès (télécabines, sentiers, plateformes) sur le site

  3. La réorientation des moyens économiques locaux vers la préservation du site et vers des programmes de sensibilisation du public au changement climatique, plutôt que vers son exploitation touristique

Chaque signature compte pour faire entendre ce message aux autorités locales et nationales, avant qu'il ne soit trop tard.

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Auteur : Agniès P.

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