J’ai vu circuler la pétition « NON au télétravail forcé quand on est malade ». Franchement, j’ai été sidéré.
Sous couvert de « défendre le droit au repos », elle promeut surtout le droit à un arrêt systématique, même lorsque l’on est parfaitement capable de travailler à distance sans aggraver son état. C’est archaïque, et surtout irresponsable.
Oui, quand on est réellement malade, on se repose. Personne ne conteste cela.
Mais non, un rhume, une grippe légère, une migraine, une gastro de 48 h ou une grosse fatigue ne doivent pas automatiquement ouvrir droit à 3, 5 ou 7 jours d’arrêt payés à 100 % par la collectivité. L’époque où l’arrêt maladie servait de week-end prolongé doit cesser.
L’amendement adopté en commission des Affaires sociales est une avancée de bon sens : il permet au médecin, en accord avec son patient, de proposer du télétravail lorsque l’état le permet. Ni plus, ni moins. Et c’est précisément ce qu’il faut.
Pourquoi cette mesure est juste et nécessaire
1. Arrêtons les caricatures : personne ne travaillera avec 40 de fièvre
Le télétravail médicalisé ne concerne que les pathologies compatibles avec une activité à distance. Le médecin reste le seul juge. S’il estime que vous devez vous reposer, il délivre un arrêt classique. Ce n’est ni l’employeur ni l’État qui décide : c’est votre médecin.
2. Les arrêts de complaisance existent, et tout le monde le sait
Un arrêt sur trois débute un lundi ou un vendredi. Les arrêts d’un jour ont explosé depuis la fin du jour de carence. Les médecins eux-mêmes dénoncent la pression de certains patients qui demandent un arrêt « de confort ». On ne peut plus faire comme si de rien n’était.
3. Une mesure de justice sociale — y compris pour les collègues
Mais surtout, ce ne sont pas les patrons qui rattrapent le travail laissé en plan : ce sont les collègues.
Ceux qui se retrouvent à faire tourner l’équipe, à absorber la charge supplémentaire, à gérer l’urgence « en attendant que Machin revienne ».
Ceux qui, eux, ne peuvent pas s’absenter dès qu’ils ont un peu de fièvre ou un nez qui coule.
Pendant ce temps, les métiers en présentiel (ouvriers, soignants, caissiers…) n’ont souvent pas le choix et vont travailler malgré la maladie. Le système actuel pénalise d’abord les travailleurs sérieux, pas le patronat.
4. Le télétravail médicalisé protège à la fois la santé, l’équilibre des équipes et l’entreprise
Travailler quelques heures par jour depuis son canapé avec une grippe légère est souvent moins fatigant que de prendre les transports, aller au bureau, contaminer ses collègues et revenir épuisé.
Et cela permet d’éviter que l’équipe se retrouve en sous-effectif pour un petit problème de santé qui n’empêche pas réellement de travailler.
Des milliers de Français le font déjà spontanément. L’amendement ne fait que l’encadrer et le rémunérer équitablement.
5. C’est une mesure de liberté et de responsabilité
Le salarié peut refuser le télétravail et demander un arrêt classique. Mais il devra assumer que son état justifie réellement une incapacité totale de travail. C’est la fin de « l’arrêt au cas où ».
Ce que nous demandons
Le maintien et le vote définitif de cet amendement dans le PLFSS 2026
La liberté pour les médecins de proposer le télétravail médicalisé quand c’est pertinent
Une indemnisation juste du télétravail médicalisé (90–100 % de maintien de salaire)
Un contrôle médical renforcé sur les arrêts courts et répétés, pour protéger la Sécurité sociale
La fin de la stigmatisation des entreprises dès qu’on parle de responsabiliser les arrêts maladie
La prise en compte de l’impact sur les équipes, qui supportent aujourd’hui une grande part des arrêts abusifs
Malade, ça ne veut pas toujours dire incapable de travailler
Avoir 37,8 °C et un mal de gorge ne fait pas de vous un invalide. On peut être légèrement malade et tout de même contribuer à son équipe, surtout lorsqu’on a la possibilité de travailler de chez soi.
Cette mesure n’est pas un « recul social » : c’est une modernisation adulte et équilibrée.
Elle respecte la santé des salariés.
Elle protège les comptes de la Sécu.
Elle respecte les collègues qui doivent compenser quand certains s’arrêtent pour un rien.
Elle respecte ceux qui n’ont pas le luxe de s’arrêter au moindre signe de fatigue.
Si vous en avez assez des arrêts de complaisance qui plombent la Sécurité sociale,
Si vous pensez qu’on peut être responsable même quand on est un peu malade,
Si vous faites confiance aux médecins pour juger de ce qui est bon pour leurs patients sans suivre des mots d’ordre alarmistes,
Signez cette pétition et partagez-la.
Faisons entendre la voix du bon sens.
La solidarité, ce n’est pas financer les arrêts de confort de quelques-uns au détriment de tous les autres — et en particulier de leurs collègues.
Oui au télétravail médicalisé encadré par un médecin.
Non aux arrêts maladie automatiques et abusifs.
Ensemble, remettons responsabilité et réalité au cœur du système.
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