En décembre 2025, le Parlement européen a autorisé des plantes génétiquement modifiées en laboratoire à se retrouver dans votre assiette sans vous le dire.¹ Ces nouveaux OGM, rebaptisés NGT pour Nouvelles Techniques Génomiques, seraient pour une large part traités comme des plantes "conventionnelles", avec des règles allégées sur l'évaluation, la traçabilité et l'information du public.²
Un accord a été conclu en trilogue qui requalifie une grande partie des NGT comme équivalentes à des plantes conventionnelles, malgré des incertitudes scientifiques reconnues.³
C'est une décision qui concerne directement notre pain, nos légumes, nos huiles, notre agriculture et le droit le plus élémentaire de chaque citoyen : savoir ce qu'il mange.
L'Agence nationale de sécurité sanitaire française (ANSES) elle-même recommande d'évaluer les NGT "au cas par cas" et identifie des risques précis sur la composition des plantes, leur allergénicité et leur toxicité.⁴
Quand des agences officielles tirent la sonnette d'alarme, pourquoi le Parlement européen choisit-il d'alléger les garde-fous ?
On nous présente ces NGT comme une simple évolution moderne de la sélection végétale. Pourtant, la principale technique utilisée — CRISPR-Cas9 — est fréquemment à l'origine de mutations de l'ADN que les analyses ordinaires ne permettent pas de détecter.⁵
Ces mutations dites "off-target" peuvent se produire à des endroits non ciblés du génome, avec des conséquences imprévisibles sur la santé et l'environnement.⁶
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DES OGM RENDUS INVISIBLES
Si une grande partie des NGT échappe à l'étiquetage en magasin, les consommateurs perdent immédiatement leur liberté de choix.⁶
Ce n'est plus à nous de décider en connaissance de cause.
Ce sont les institutions et les industriels qui décident à notre place ce que nous sommes autorisés à ignorer.
Sans traçabilité, comment un agriculteur bio pourrait-il se défendre en cas de contamination ?
Comment un citoyen pourrait-il exercer son droit à une consommation éclairée ?
Plusieurs organisations de consommateurs ont exhorté les eurodéputés à maintenir l'étiquetage obligatoire des NGT.⁷
Elles rappellent que ce droit à l'information est fondamental et ne peut être sacrifié au nom de la compétitivité industrielle.⁸
Lorsqu'un système rend impossible l'identification claire des cultures concernées, il empêche aussi tout suivi des effets à long terme sur la santé et les écosystèmes.⁴
Moins on trace, moins on contrôle, et moins on peut corriger si un problème apparaît.
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DES RISQUES ENCORE DEBATTUS
Deux études publiées dans la revue Nature Medicine ont montré que la technique CRISPR-Cas9 utilisée dans les NGT pourrait augmenter par inadvertance le risque de cancer, en activant des gènes suppresseurs de tumeurs.¹¹
Ces coupures involontaires dans l'ADN — appelées effets "off-target" — peuvent entraîner des transformations oncogènes ou des perturbations graves de la régulation génique, sans que les tests standards puissent les détecter.⁶
L'ANSES a par ailleurs alerté que les NGT pourraient présenter un niveau d'exposition "beaucoup plus important" que les OGM classiques, du seul fait de leur déploiement massif prévu.⁴
Des scientifiques de France, d'Allemagne et d'Autriche confirment que ces plantes pourraient modifier les interactions avec les pollinisateurs, avec des risques écosystémiques encore non évalués.¹⁰
Des recherches documentent également des effets inattendus sur l'allergénicité : un aliment NGT pourrait contenir une plus grande quantité d'allergènes en raison des réactions cellulaires à l'insertion génique.¹²
De nombreux scientifiques indépendants sont formels : il est aujourd'hui impossible d'évaluer précisément les dangers liés à ces nouvelles techniques sans une évaluation au cas par cas de chaque plante modifiée.¹³
L'analyse de POLLINIS confirme que les risques environnementaux et sanitaires sont réels et documentés, et qu'ils exigent des contrôles solides avant toute autorisation à grande échelle.¹⁴
Peut-on sérieusement prétendre que ces questions seraient secondaires au point de renoncer à des contrôles solides ?
JE SIGNE POUR STOPPER CES PLANTES MODIFIÉES
LE PIEGE DES BREVETS
Le débat européen autour des NGT s'accompagne d'une inquiétude croissante : ces plantes modifiées favoriseraient la privatisation du vivant au profit d'un petit nombre d'acteurs industriels.⁹
Les innovations techniques associées aux NGT peuvent créer une dépendance juridique et économique lourde pour les agriculteurs et les sélectionneurs.¹⁰
Depuis toujours, le monde paysan vit grâce à la possibilité de sélectionner, conserver, échanger et resemer ses semences.
Si ce pouvoir bascule vers quelques entreprises titulaires de droits exclusifs sur certains traits génétiques, les agriculteurs perdent une part décisive de leur autonomie.⁹
Ils risqueraient de devoir racheter ou licencier certaines semences chaque année, avec une pression financière croissante sur des exploitations déjà fragiles.⁸
Celui qui contrôle les semences contrôle le début de toute la chaîne alimentaire.
Si quelques multinationales concentrent la propriété intellectuelle sur des variétés devenues incontournables, notre souveraineté alimentaire s'affaiblit mécaniquement.¹¹ Et plus cette dépendance progresse, plus il devient difficile de revenir en arrière.
SIGNEZ POUR DEFENDRE NOTRE SOUVERAINETE ALIMENTAIRE
CE QUE NOUS DEMANDONS
Nous demandons des mesures immédiates :
Le maintien d'une évaluation rigoureuse des risques pour toutes les plantes issues des NGT, sans exception.⁴
Un étiquetage obligatoire, clair et visible de tous les produits issus des NGT.⁶⁷
Une traçabilité complète tout au long de la chaîne alimentaire, des semences jusqu'aux produits finis.⁸
Des règles strictes de coexistence pour protéger les cultures biologiques et conventionnelles contre toute contamination.⁸
L'interdiction des brevets sur les plantes et semences issues des NGT.⁹¹⁰¹¹
Un véritable débat démocratique public dans chaque pays européen avant toute déréglementation supplémentaire.¹¹
NOUS REFUSONS CE PASSAGE EN FORCE
Cette bataille concerne chaque parent, chaque consommateur, chaque paysan, chaque citoyen qui refuse que des décisions aussi lourdes soient prises dans l'opacité.¹
Elle concerne tous ceux qui pensent que l'alimentation ne doit pas devenir un marché captif pour quelques multinationales.⁹¹¹
Nous refusons que l'on déréglemente avant d'avoir prouvé l'innocuité.
Nous refusons que l'on supprime l'étiquetage au moment même où les citoyens réclament plus de transparence.
Nous refusons que l'on transforme les agriculteurs en dépendants de brevets privés.⁸⁶¹¹
Nous demandons une autre voie : une agriculture prudente, transparente, libre, fondée sur la biodiversité, la responsabilité et le droit de savoir.
Parce qu'une fois la traçabilité supprimée, une fois les semences concentrées, il sera beaucoup plus difficile de revenir en arrière.⁶⁹
SIGNEZ MAINTENANT — Nous ne laisserons pas disparaître en silence notre droit de savoir ce que nous mangeons, ni notre droit de protéger la terre qui nous nourrit, celle de nos enfants.
Le Monde, "Pourquoi l'autorisation des nouveaux OGM par le Parlement européen constitue un tournant", 17 juin 2026.
https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/17/pourquoi-l-autorisation-des-nouveaux-ogm-par-le-parlement-europeen-constitue-uParlement européen, "De nouveaux OGM dans l'UE : vrai ou faux ?", juin 2026.
https://www.europarl.europa.eu/topics/fr/article/20240125STO17062/de-nouveaux-ogm-dans-l-ue-vrai-ou-fauxParlement européen, "Un accord sur les nouvelles techniques génomiques", 4 décembre 2025.
https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20251201IPR31710/un-accord-sur-les-nouvelles-techniques-genomiquesDéclaration commune sur la dérégulation des nouveaux OGM, NatPro et organisations signataires.
https://www.natpro.be/wp-content/uploads/2025/02/NGT_Declaration-commune.pdfParlement européen, "De nouveaux OGM dans l'UE : vrai ou faux ?", juin 2026.
https://www.europarl.europa.eu/topics/fr/article/20240125STO17062/de-nouveaux-ogm-dans-l-ue-vrai-ou-fauxFrance Nature Environnement, "Non à une dérégulation des nouveaux OGM", 24 septembre 2023.
https://fne.asso.fr/actualites/union-europeenne-non-a-une-deregulation-des-nouveaux-ogmInf'OGM, "Des associations de consommateurs demandent le maintien de l'étiquetage", novembre 2025.
https://infogm.org/des-associations-de-consommateurs-demandent-le-maintien-de-letiquetage-et-de-la-tracabilite-des-ogm/Lettre aux ministères sur la réglementation européenne OGM/NGT, POLLINIS, 2023.
https://www.pollinis.org/admin/wp-content/uploads/2023/07/lettre-ministeres-reglementation-europeenne-ogm-ngt.pdfEuronews Green, "Privatiser les semences européennes : une menace pour la sécurité alimentaire", 5 septembre 2024.
https://fr.euronews.com/green/2024/09/06/privatiser-les-semences-europeennes-une-menace-pour-la-securite-alimentaireAGRA Presse, "Brevets et NGT : comprendre les enjeux", 17 septembre 2025.
https://www.agra.fr/articles/brevets-et-ngt-comprendre-les-enjeuxFUGEA, "Le Parlement européen met en danger nos fermes et notre agriculture", 17 juin 2026.
https://www.fugea.be/blog/nos-communiques-de-presse-2/le-parlement-europeen-met-en-danger-nos-fermes-et-notre-agriculture-en-approuvant-la-deregulation-des-nouvelles-techniques-genomiques/
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