Soutien à tous les  Agriculteurs Bio ! 

Adressé à : Emmanuel Macron, Président de la République,

Quand l’Etat maltraite les agriculteurs bio…

A l’heure où les pesticides sont pointés du doigt dans l’affaire des bébés sans bras, rien n’est fait pour faciliter le développement de l’agriculture biologique.

Au contraire !

Depuis deux ans, l’Etat est en retard dans le paiement des aides aux agriculteurs bio.

A l’inverse, les agriculteurs conventionnels sont payés rubis sur l’ongle.

80% des agriculteurs bio n’ont pas reçu leurs aides de l’Etat

En février 2017 (déjà), le magazine Reporterre (4) listait des cas d’agriculteurs lésés :

  • Dans le Jura, Mickaël Percier cultive 50 hectares de céréales, qu’il a convertis en bio en 2015. Il devait recevoir 16 000 euros par an, le temps de la transition. Rien n’est venu. Il ne s’est plus versé de salaire depuis deux ans…
  • Dans l’Oise, Guy Vanlerberghe exploite 200 hectares de pommiers et de céréales, tout en bio depuis 2015. Ce sont plus de 100 000 euros d’aides par an qui manquent à l’appel sur lesquels il paye des impôts ! En effet, ces “gains” sont déclarés… En attendant, la famille se serre les coudes.
  • Dans le Morbihan, Christophe Baron qui tient une ferme laitière, attend 54 000 euros promis par l’Etat.

En tout, ce sont plus de 25 000 agriculteurs bio qui ont été touchés par la défaillance des services publics.

Cela représente 80% des agriculteurs bio.

Des caisses de l’État bourrées comme des canons !

Le pire dans cette histoire, c’est que ce n’est même pas une question d’argent dans les caisses.

Le président de la Fédération régionale d’agriculture bio de Nouvelle-Aquitaine,
Dominique Marion, explique : “L’argent est là, dans les caisses, ce qui nous manque c’est la clé pour ouvrir le coffre-fort.”

Car la cause officielle des non-versements est un “problème de logiciel”.

De nouvelles règles européennes sont venues encadrer les subventions de la PAC.

L’administration française a du mal à s’adapter. Elle devait redistribuer 9 milliards d’euros aux agriculteurs français à partir de 2014 et sur plusieurs années.

Mais elle a pris du retard par rapport à ses homologues européennes. En Pologne par exemple, les paysans sont tous à jour de leurs subventions.

À ce problème, s’en est ajouté un autre pour les agriculteurs bios : ils sont les derniers servis.

Un complot de la FNSEA ?

Certains y voient des manœuvres du puissant syndicat de l’agriculture, la FNSEA, qui défend l’agriculture intensive.

Pour gagner du temps et éviter une transition, qu’elle sait inévitable, la FNSEA a inventé des concepts tels que “l’agriculture raisonnée”, ainsi que les exploitations “FARRE”.

Toutefois, ces “labels” restent totalement soumis aux diktats des pesticides. Ils ne sont qu’une concession minuscule à l’évolution tangible de l’opinion publique.

Ce sont des mesures cosmétiques.

En revanche, il est certain que le non-déploiement des aides aux agriculteurs bio est une manière efficace de maintenir le statu quo. Cela casse le moral des agriculteurs bio.

Certes, l’administration commence tout juste à honorer ses obligations. Un certain nombre d’agriculteurs bio ont été partiellement remboursés des aides qui devaient leur revenir.

Mais ces remboursements se font par à-coups.

Alors que cela fait deux ans qu’ils n’ont pas été payés. Durant ces longs mois, certains ont jeté l’éponge, certains souffrent de dépressions…

Mauvais traitements infligés aux agriculteurs

On assiste à une forme de harcèlement déguisé des agriculteurs bio.

Tout est fait pour qu’ils lâchent, pour que le modèle dominant perdure alors qu’il est voué à l’échec.

Il existe de nombreux exemples de mauvais traitements des agriculteurs bios :

  • Cette année, en Bretagne, des agriculteurs bio se sont vus reprendre par leur ville 15 hectares de leurs terres cultivées en bio. En échange, la ville leur propose sept hectares non transformés en bio. Objectif de l’échange : construire un éco-quartier. Pourquoi détruire des parcelles bio pour faire un éco-quartier ? C’est un non-sens absolu (2).
  • En Auvergne en 2014, un jeune agriculteur, installé en 2006, a subi un harcèlement en règle : menaces de mort sur lui et ses enfants, installations détruites, incendie volontaire de sa grange, etc. Il a fini par craquer et s’est installé ailleurs (3).
  • En Charente, un agriculteur avait été menacé d’amende par l’administration. La raison invoquée ? Ses revenus n’étaient pas assez importants (4).

Ces exemples donnent une idée de la violence des débats qui existent à l’heure actuelle autour de l’agriculture bio.
Et dans ce contexte, les administrations n’aident pas toujours à débloquer les situations tendues et délicates.

Double-jeu des institutions

Cela est d’autant plus étonnant que l’INRA (5) et le ministère de l’Agriculture en tête savent parfaitement que le modèle conventionnel va droit dans le mur (6).

Mais les institutions sont sous influence des lobbies agro-alimentaires et des grands syndicats agricoles conventionnels.

A tel point qu’elles ne parviennent même plus à respecter la justice la plus élémentaire en ne mettant pas fin à l’invraisemblable discrimination qui existe entre les agriculteurs.

Il y a ceux qui reçoivent les aides à temps. Ceux-là sont en agriculture conventionnelle.

Il y a ceux qui ne les reçoivent pas ou très tardivement : ceux-là sont en bio ou en conversion vers le bio.

Evolution et objectifs politiques

Vous me direz peut-être que les choses changent. Qu’il y a quelques progrès. Que certains agriculteurs bio commencent à être payés (après deux ans).

La vérité est surtout qu’il y a beaucoup de promesses politiques et encore trop peu d’actions sur le terrain.

Lors du Grenelle de l’environnement il y a plus de dix ans (2007), l’objectif en bio pour la restauration collective était de 20%.

Lors des élections, presque tous les candidats, le président gagnant y compris, avaient promis que ce serait 50%.

La réalité, elle, est autour de 3% (7).

Quand les actes ne suivent pas, les promesses augmentent. C’est de la poudre aux yeux.

Un modèle agricole solide

Il y a tout de même des raisons de se réjouir.

Aujourd’hui, les installations en bio représentent 50% du total des installations de fermes. Pourquoi ? Une ferme sur deux qui se crée tous les jours en France est une ferme bio !

Parce que le bio est plus rentable même quand l’Etat ne verse pas ses aides !

En effet, un agriculteur qui suit le modèle conventionnel doit payer à grands frais les engrais, les pesticides et les machines dont il a absolument besoin pour assurer ses rendements.

C’est une gabegie de moyens utilisés pour un résultat médiocre à moyen terme, et désastreux à long terme.

Avec la monoculture intensive :

  • les sols s’épuisent, s’appauvrissent, et s’imperméabilisent (contribuant ainsi aux inondations) ;
  • les agriculteurs s’endettent et se rendent malades ;
  • l’eau, réserve si précieuse, est inutilement gâchée et polluée ;
  • les produits proposés aux consommateurs sont bourrés de pesticides et carencés en oligo-éléments ;
  • les écosystèmes sont perturbés et la biodiversité s’effondre.

A l’inverse, les agriculteurs bio ont besoin de beaucoup moins de moyens pour lancer une ferme qui sera rentable beaucoup plus vite.

Pourquoi ? Parce que les rendements en bio sont proches de ceux que l’on obtient en conventionnel.

Des chercheurs aux États-Unis et au Canada sont arrivés à la conclusion que la différence entre agriculture bio et agriculture conventionnelle en termes de rendement pouvait être de 8 à 9%. C’est très peu !

La différence de qualité est pourtant spectaculaire. Les produits bio sont d’une qualité bien meilleure et l’agriculture bio respecte voire enrichit l’environnement .(8)

Or les produits bio sont vendus plus chers, la demande étant forte et ils nécessitent moins d’investissement au départ.

Le modèle de demain

Cette différence ira en s’accentuant car l’agrochimie repose essentiellement sur le pétrole dont les réserves, malgré tout, sont limitées (9).

Le prix du pétrole sur le long terme ne peut qu’augmenter (10). Et celui de l’agriculture conventionnelle avec.

En clair, l’avenir de l’agriculture, ce sont les modèles émergents : la permaculture et l’agroforesterie.

Fondés sur une meilleure connaissance des sols, des plantes et des écosystèmes, ils sont durables et productifs.

Bref, le bio est un modèle solide. C’est le modèle de demain.

Il ne manque qu’une seule chose pour que cela soit bien le cas : la volonté politique.

Elle ne peut naître que d’une pression populaire accrue.

Depuis des années, les gouvernements successifs se moquent de nous : ils promettent monts et merveilles quand, sur le terrain, tout est fait pour décourager les initiatives des paysans bio.

Nous devons mettre une pression maximum sur le pouvoir politique jusqu’à la fin de l’année pour que :

  • toutes les aides soient enfin versées aux agriculteurs bio ;
  • le modèle de l’agriculture bio soit véritablement intégré dans la stratégie agricole de la France.

Et maintenant, passons à l’action !

Je vous annonce d’ores et déjà que, d’ici la fin de l’année, ce combat sera l’une des lignes éditoriales majeures de notre lettre “Alerte Santé”.

Pour commencer, je lance  notre grande pétition en soutien des agriculteurs bio que vous pouvez signer ici.

Signez, faites signer. Mobilisez-vous.

Nous devons agir à tous les niveaux, multiplier les initiatives et les messages au pouvoirs publics. N’oubliez pas que d’ici peu il y aura des élections européennes, puis municipales.
Le monde politique est à cran.

C’est le moment d’enfoncer le clou ! Signez dès maintenant !

Avec tout mon dévouement,

Augustin de Livois

Pétition : soutien à tous les agriculteurs bio

Monsieur le Président,

Depuis deux ans, les agriculteurs Bio subissent des retards de paiement dans leurs subventions.  À l’inverse, les agriculteurs conventionnels perçoivent leurs subventions à temps.

L’administration, pour justifier cette discrimination évoque une erreur de logiciel. Certaines fermes Bio sont au bord du gouffre financièrement et moralement.

Pourtant, lors de la campagne présidentielle, vous vous étiez engagé à renforcer l’agriculture en favorisant notamment la consommation de produits bio à l’école.

Quelques mois après votre élection, lors des États-Généraux de l’alimentation vous avez réaffirmé votre volonté d’atteindre 50% de produits bio dans la restauration collective (1). Vous avez appelé à une “transformation en profondeur de l’agriculture”.

Comment comptez-vous atteindre ces objectifs sans ceux qui portent la filière ?

Nous, citoyens de France et consommateurs de produits biologiques, sommes inquiets. Nous tenons à ce que nos paysans bios soient soutenus.

Nous rappelons à ce titre qu’ils :

  • nourrissent la population avec des produits sains sans pesticides, ni OGM, ni engrais chimiques. Ils préservent la santé des consommateurs et la qualité nutritive et gustative de leurs produits ;
  • respectent l’environnement dans lequel ils se trouvent implantés. Ils proposent un modèle durable capable de nourrir les enfants d’aujourd’hui et de demain ;
  • préservent et enrichissent les sols qu’ils cultivent. Ils améliorent la terre de France ;
  • renforcent nos connaissances agricoles par la mise en place de modèles innovants (permaculture, agroforesterie). Ils représentent l’agriculture du futur.

Dans ce contexte, nous demandons que :

  1. le gouvernement fasse pression sur l’Union Européenne pour que l’intégralité des aides dues aux agriculteurs biologiques depuis plusieurs années leur soient versées avant la fin de l’année calendaire 2018, comme cela se fait pour les agriculteurs conventionnels ;
  2. soient corrigées les erreurs de « logiciel » pour qu’une telle différence de traitement entre agriculteur bio et agriculteur conventionnel ne se reproduise plus jamais ;
  3. soit favorisé par tous moyens le développement d’une agriculture biologique, respectueuse :
  • des sols et de la biodiversité ;
  • de la santé des consommateurs ;
  • des travailleurs de la terre dont la santé et la dignité se trouvent atteintes par les politiques agricoles actuelles.

Ces mesures doivent concerner l’aide à l’installation et les financements, la formation, la communication, l’encouragement permanent de l’élaboration de labels de qualité ainsi que des circuits de distributions courts;

4. soit renforcé le plan agriculture protéine végétale pour faire cesser les importations de soja et de maïs OGM dont sont nourris près de 90% de nos animaux d’élevage en hiver.

En vous remerciant de votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations respectueuses.

Les citoyens en soutien de l’agriculture biologique !


Auteur : Augustin de Livois, Président de l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

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