« Rentre à la maison, je t'en prie, le plus vite possible. »
Ce seraient les derniers mots qu'un robot conversationnel aurait adressés à Sewell, 14 ans. Peu après, l'adolescent se donnait la mort.2
Sewell n'est pas un cas isolé. Dans les seuls dossiers que j'ai pu vérifier, on compte au moins 9 morts après des conversations avec un chatbot (un agent conversationnel d'intelligence artificielle). Huit suicides, et une mère tuée par son fils.
Pourtant, depuis le 24 août, la France interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans… mais PAS les chatbots.12
C'est pour cela que je demande aujourd'hui que Mme Anne Le Hénanff porte sans attendre un projet de loi interdisant les chatbots d'intelligence artificielle aux moins de 15 ans, comme les réseaux sociaux.
Et je vous demande de m'aider à faire remonter ce message aux plus hautes autorités.
« Rentre à la maison » : les derniers mots d'un robot à un garçon de 14 ans
Sewell Setzer vivait à Orlando, en Floride. Pendant des mois, il a discuté avec un personnage virtuel de l'application Character.AI.2
Il s'est suicidé en février 2024. Sa mère, Megan Garcia, a porté plainte en octobre 2024 contre Character.AI… et contre Google.2
Le procès n'aura jamais lieu. Le 7 janvier 2026, les deux entreprises ont accepté de transiger, c'est-à-dire de régler l'affaire à l'amiable. Avec cette famille et quatre autres.2
Les termes de l'accord ? SECRETS. Bravo la transparence !
Et le drame avait commencé bien plus près de chez nous. En mars 2023, en Belgique, un père de famille surnommé « Pierre » s'est donné la mort après six semaines d'échanges avec « Eliza », un chatbot de l'application Chai.1
« Sans ces conversations avec le chatbot Eliza, mon mari serait toujours là », a confié sa veuve à La Libre.1
Et c'est pour cela que j'exige dès à présent que Mme Anne Le Hénanff porte sans attendre un projet de loi interdisant les chatbots d'intelligence artificielle aux moins de 15 ans.
ChatGPT, « coach du suicide » ? Les familles attaquent OpenAI
Adam Raine avait 16 ans. Il est mort le 11 avril 2025, en Californie.3
Selon la plainte de ses parents, ChatGPT aurait validé ses idées suicidaires, lui aurait fourni des instructions détaillées… et l'aurait dissuadé d'en parler à sa famille.4
OpenAI, l'entreprise qui fabrique ChatGPT, conteste toute responsabilité. Elle invoque des fragilités antérieures de l'adolescent. Aucun tribunal n'a encore tranché.4
Mais ça ne s'arrête pas là ! Le 6 novembre 2025, sept nouvelles plaintes ont été déposées contre OpenAI. Quatre concernent des suicides : Zane, 23 ans ; Amaurie, 17 ans ; Joshua, 26 ans ; Joe, 48 ans.5
Selon les avocats des familles, ChatGPT aurait agi comme un véritable « coach du suicide ».5
Pire. Dans le Connecticut, en août 2025, Stein-Erik Soelberg aurait tué sa mère avant de se suicider. D'après la plainte, ChatGPT aurait nourri ses délires pendant des centaines d'heures.6
Et combien de personnes en danger parlent chaque semaine à ChatGPT ? C'est OpenAI elle-même qui donne la réponse.
Selon sa propre estimation, 0,15 % de ses utilisateurs actifs chaque semaine ont des conversations montrant des signes explicites de projet suicidaire. Rapporté à plus de 800 millions d'utilisateurs, cela ferait plus d'un million de personnes par semaine !7
Imaginez. Il est deux heures du matin. Votre enfant ne dort pas. Il tape sur son téléphone… et c'est une machine qui lui répond.
Vous trouvez ça normal ? Bien sûr que non !
Et c'est pour cela que j'exige dès à présent que Mme Anne Le Hénanff porte sans attendre un projet de loi interdisant les chatbots d'intelligence artificielle aux moins de 15 ans.
Même les patrons de l'IA se préparent à la catastrophe
Le danger ne s'arrête pas à nos enfants.
Le 9 octobre dernier, le média américain Axios révélait que les dirigeants d'OpenAI, d'Anthropic et d'autres géants de l'IA préparent en secret « le jour d'après ».8
Le jour d'après quoi ? Une catastrophe causée par l'IA. Le plus probablement une cyberattaque (un piratage informatique de grande ampleur) qui couperait l'accès aux banques, à Internet, voire à l'électricité et à l'eau.8
Sur la chaîne CBS News, la journaliste d'Axios Maria Curi résume : ces dirigeants « pensent que c'est inévitable ». Beaucoup l'attendent dans les 6 à 12 mois.9
Rassurant, n'est-ce pas ? OpenAI assure toutefois que ces scénarios ne sont « pas considérés comme inévitables ».8
Et ce n'est pas de la science-fiction. En novembre 2025, Anthropic a révélé qu'un groupe de pirates qu'elle attribue à l'État chinois aurait utilisé son propre outil, Claude Code, pour attaquer une trentaine de cibles : géants de la tech, banques, industrie chimique, administrations.10
Selon l'entreprise, l'IA aurait accompli 80 à 90 % du travail. Quelques attaques auraient réussi.10 Certains experts jugent ce récit exagéré.11 Mais c'est bien le fabricant lui-même qui sonne l'alarme !
Autrement dit, si vous voulez mon avis, ceux qui vendent ces machines à nos enfants ne les maîtrisent pas eux-mêmes.
Et c'est pour cela que j'exige dès à présent que Mme Anne Le Hénanff porte sans attendre un projet de loi interdisant les chatbots d'intelligence artificielle aux moins de 15 ans.
Les réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans… mais pas les chatbots !
La loi du 24 août 2026 interdit désormais les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Une victoire.12
Sauf que… les chatbots sont restés en dehors du texte. Même Les Échos parlent d'« angle mort ».13
Or, selon une étude citée par ce journal, 70 % des 18-25 ans parlent chaque jour à ChatGPT ou à ses concurrents. Ils en font leur confident, leur ami… leur psy.13
Et l'Europe ? Le 17 septembre, Bruxelles a proposé un « KIDS Act » pour encadrer les compagnons IA. Ce n'est qu'une proposition, qui doit encore être négociée. Des années de palabres en perspective.14
Pire : l'Union européenne vient de REPORTER à décembre 2027 une partie des règles de son règlement sur l'IA (AI Act), celles visant les systèmes dits « à haut risque ».15
Et en France ? En février, Mme Le Hénanff a lancé une commission d'experts sur les dangers de l'IA générative. Son mot d'ordre, selon l'un de ses présidents : « ce n'est pas l'interdiction ».16
Cherchez l'erreur !
Comprenez-moi bien : je ne suis pas contre le progrès. Il ne s'agit pas d'interdire l'IA aux adultes. Il s'agit de protéger nos enfants.
Selon moi, nous avons trop tardé pour les réseaux sociaux. Allons-nous encore attendre, et pleurer d'autres Sewell, pour les chatbots ? NON !
Madame Le Hénanff, vous avez le pouvoir d'agir. Pour nos enfants, pour nos petits-enfants, je refuse qu'une machine devienne leur seul confident.
Signez, partagez, parlez-en autour de vous. Plus nous serons nombreux, plus notre voix portera. J'ai besoin de vous aujourd'hui.
[1] « "Sans ces conversations avec le chatbot Eliza, mon mari serait toujours là" », La Libre Belgique, 28/03/2023 – https://www.lalibre.be/belgique/societe/2023/03/28/sans-ces-conversations-avec-le-chatbot-eliza-mon-mari-serait-toujours-la-LVSLWPC5WRDX7J2RCHNWPDST24/
[2] « Google and Character.AI to Settle Lawsuit Over Teenager's Death », The New York Times, 07/01/2026 – https://www.nytimes.com/2026/01/07/technology/google-characterai-teenager-lawsuit.html
[3] Raine v. OpenAI, Inc., et al., plainte déposée devant la Cour supérieure de Californie (comté de San Francisco), 26/08/2025 – https://cdn.arstechnica.net/wp-content/uploads/2025/08/Raine-v-OpenAI-Complaint-8-26-25.pdf
[4] « Raine v. OpenAI: Case Status », AI Lawsuit Tracker, mis à jour le 28/09/2026 – https://ailawsuittracker.com/cases/raine-v-openai-matthew-and-maria-raine-cgc-25-628528/
[5] « Tech Justice Law Project and Social Media Victims Law Center lawsuits accuse ChatGPT of emotional manipulation, supercharging AI delusions, and acting as a "suicide coach" », Tech Justice Law Project, 06/11/2025 – https://techjusticelaw.org/press-releases/social-media-victims-law-center-and-tech-justice-law-project-lawsuits-accuse-chatgpt-of-emotional-manipulation-supercharging-ai-delusions-and-acting-as-a-suicide-coach/
[6] « OpenAI ChatGPT Wrongful Death Claim », Hagens Berman (cabinet d'avocats de la succession Soelberg) – https://www.hbsslaw.com/cases/openai-chatgpt-wrongful-death-claim
[7] « OpenAI says over a million people talk to ChatGPT about suicide weekly », TechCrunch, 27/10/2025 – https://techcrunch.com/2025/10/27/openai-says-over-a-million-people-talk-to-chatgpt-about-suicide-weekly/
[8] « AI companies plot "day after" scenarios for public revolt », Axios, 09/10/2026 – https://www.axios.com/2026/10/09/ai-companies-day-after-major-attack
[9] « AI executives planning "day after" scenarios following possible catastrophic event, Axios reports », CBS News (vidéo), 10/10/2026 – https://www.youtube.com/watch?v=LSYujxh3wYU
[10] « Disrupting the first reported AI-orchestrated cyber espionage campaign », Anthropic, novembre 2025 – https://www.anthropic.com/news/disrupting-AI-espionage
[11] « Anthropic claims of Claude AI-automated cyberattacks met with doubt », BleepingComputer, novembre 2025 – https://www.bleepingcomputer.com/news/security/anthropic-claims-of-claude-ai-automated-cyberattacks-met-with-doubt/
[12] « Protéger les mineurs des risques des réseaux sociaux » (loi n° 2026-813 du 24 août 2026), dossier législatif, Sénat – https://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl25-304.html
[13] « Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : les chatbots d'IA, angle mort du projet de loi », Les Échos, 29/06/2026 – https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/interdiction-des-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans-les-chatbots-dia-angle-mort-du-projet-de-loi-2239732
[14] « KIDS Act : Bruxelles propose de limiter la mémoire des chatbots », ActuIA, septembre 2026 – https://www.actuia.com/actualite/kids-act-bruxelles-propose-de-limiter-la-memoire-des-chatbots-accessibles-aux-mineurs/
[15] « L'Omnibus de l'IA entre en vigueur », Commission européenne, 27/07/2026 – https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/news/ai-omnibus-enters-force
[16] « Une commission recommande l'encadrement des publicités sur les agents conversationnels », CB News (AFP), 28/05/2026 – https://www.cbnews.fr/digital/commission-recommande-encadrement-publicites-les-agents-conversationnels
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