Le Prix Nobel de chimie ne peut pas pratiquer dans son pays !

Adressé à : Député(e)s européen(ne)s et Mme Frédérique Vidal ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

Mercredi 7 octobre, la Française Emmanuelle Charpentier a reçu le prix Nobel de chimie avec sa collègue américaine Jennifer Doudna.

Ces deux femmes de talent ont découvert ce que beaucoup commentent comme étant la plus grande révolution médicale du XXIe siècle !

Cette technologie se nomme « CRISPR Cas-9 » et elle permet d’éditer le génome d’une cellule.

La partie CRISPR identifie le gène cible qu’il faut réparer et la partie Cas 9 (une enzyme) effectue la découpe afin de supprimer un gène indésirable ou de le remplacer par un gène sain.

Les applications sont multiples et infinies… et les résultats sont là !

Des résultats incroyables !

La société CRISPR Therapeutics, fondée par Mme Charpentier, a d’ailleurs réussi un exploit.

Plusieurs patients atteints de bêta-thalassémie ont été définitivement soignés !

Cette maladie génétique crée des mutations qui affectent l’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans les globules rouges.

Les personnes souffrant de cette maladie nécessitent des transfusions sanguines régulières.

Depuis l’application du traitement au début de l’année 2019, ces derniers n’ont plus eu besoin de transfusions !

L’humanité a donc réussi à soigner pour la première fois une maladie génétique !

C’est un progrès incroyable pour la médecine !

Madame Charpentier pense qu’il y a encore beaucoup de travail mais que cette technologie fera une grande différence.

« Il y a plus de 10000 maladies génétiques, qui touchent 1% des naissances. Ce sera déjà un succès si, dans les 5 prochaines années, CRISPR-Cas9 peut remédier à quelques cas de maladies génétiques. » [1]

La prohibition de l’Union Européenne… et de la France

En juillet 2018, la cour de justice de l’Union européenne a décidé que les modifications génétiques ciblées (mutagénèse dirigée) devaient être soumises aux conditions restrictives qui frappent les OGM. [2]

Les recherches pour les soins de maladie génétique sont donc mises au même rang que le blé transgénique…

Pourtant la technique CRISPR-Cas9 permet de faire de l’édition génétique sans transgénèse.

L’Europe se retrouve donc coupée de la plus grande amélioration majeure de ce siècle… pour des raisons politiques !

Des centaines de milliers de personnes souffrent de maladies génétiques… et tout ce que la bureaucratie européenne nous propose c’est de repousser aux calendes grecques la possibilité de les soigner.

Mais la France n’est pas en reste. La réaction du gouvernement face à la nouvelle régulation européenne a consisté à se réjouir de la décision de l’Union européenne vis-à-vis de CRISPR-Cas 9. [3]

La France prend un retard considérable dans la recherche fondamentale sur le génie génétique car elle a choisi d’y mettre tous les freins possibles.

Il est maintenant l’heure de faire changer ce fait !

1. La France doit promouvoir la recherche fondamentale !

La recherche scientifique hexagonale souffre aujourd’hui d’une fonctionnarisation extrême et d’un sous-financement.

Nos plus grands cerveaux s’en vont… et ne réalisent leur plein potentiel qu’au-delà de nos frontières.

Comme le dit, Emmanuelle Charpentier : « Le souci, ce sont les structures en général, qui ne sont plus adaptées à la compétition, à la vitesse nécessaire pour mettre en place des projets, récolter des fonds, les réorienter… Une sorte de pesanteur s’est installée. […] Je ne sais pas si, étant donné le contexte, j’aurais pu mener à bien le projet CRISPR-Cas 9 en France. »

« La recherche publique française est insuffisamment financée, la part du budget de l’État qui lui est consacrée décline et les crédits publics de recherche sont mal répartis et en partie mal employés. » (L’Express, 2016)

Il est nécessaire d’aller maintenant de l’avant et de redonner des fonds à la recherche fondamentale !

Par cette pétition, nous demandons que l’accès aux fonds pour la recherche fondamentale soit simplifié !

Il est incroyable que des scientifiques passent plus de temps à remplir des formulaires que de temps à développer leurs recherches.

Nous devons rendre ces fonds plus accessibles et moins bureaucratiques.

2. La France doit renégocier les lois sur CRISPR (autorisation de la mutagénèse)

CRISPR n’est pas un OGM au sens où l’entendait la règlementation européenne.

Nous demandons que cette loi soit renégociée et qu’une séparation soit faite entre la transgénèse et la mutagénèse.

Avec les nouvelles technologies du vivant comme CRISPR, il est inutile de faire intervenir un gène extérieur.

On peut maintenant modifier les gènes à l’intérieur des cellules des êtres vivants. Cela s’appelle de la mutagénèse.

Les risques liés aux organismes transgéniques ne sont pas présents ici.

D’ailleurs des États comme le Japon et les États-Unis l’ont bien compris et ont fait une régulation différente !

Par cette pétition, nous demandons que la technologie CRISPR soit rendue possible et non soumise à l’interdiction actuelle.

Nous désirons ainsi que les recherches médicales d’avant-garde reviennent sur le territoire européen et français.

Cette pétition est adressée aux députés européens et à Mme Frédérique Vidal ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.


Auteur : Frédéric Duval, Responsable Editorial de l'Investisseur Tech

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