NON AU DÉPISTAGE SYSTÉMATIQUE DU CANCER

Adressé à : Madame Agnès Buzyn, Ministre de la Santé et la Haute Autorité de Santé (HAS)

Sous couvert d’améliorer la prise en charge des cancers, les laboratoires pharmaceutiques déploient un lobbying acharné pour rendre obligatoire le dépistage de nombreux cancers.

Leur but :

  • officiellement, améliorer la santé publique en permettant le traitement anticipé de tous les cancers.
  • en réalité faire en sorte que nous soyons tous consommateurs de médicaments anti-cancers pendant des années.

Cette approche néglige deux aspects cruciaux de santé publique :

  1. Tous les cancers ne peuvent pas être traités, voire ne nécessitent pas d’être traités. Certains peuvent demeurer bénins pendant des années. Auquel cas les traitements, et leurs nombreux effets secondaires, sont pires que le mal.
  2. Les tests de détection peuvent se tromper, et pire, ils peuvent même déclencher des cancers.

Contre Exemple 1 : Le cancer de la prostate

Un test de dépistage du cancer de la prostate a été largement utilisé depuis les années 80. Un taux de PSA élevé (antigène prostatique spécifique) est censé indiquer un cancer de la prostate. Or, d’autres pathologies comme l’hyperplasie bénigne (BPH), la prostatite ou encore la rétention urinaire aiguë, entraînent aussi une augmentation du taux de PSA.

Résultat pendant des années, le dépistage généralisé a provoqué un grand nombre de faux positifs. Beaucoup d’opérations inutiles, beaucoup de traitements superflus, s’agissant d’un cancer dont l’évolution est très lente, et souvent avec peu de conséquences.

La Haute Autorité de Santé, d’abord favorable à l’utilisation de ce test, a modifié toutes ses recommandations en 2013 : “La balance bénéfice/risque est en défaveur du dépistage du cancer de la prostate et les essais internationaux de dépistage n’ont apporté aucun élément sur le bénéfice potentiel de la pratique de ce dépistage[1].

Contre Exemple 2 : Le cancer du sein

La mammographie pour détecter le cancer du sein s’est généralisée dans la plupart des pays développés pour les femmes à partir de 50 ans. Pourtant, les autorités médicales s’interrogent sur le bilan de cette approche.

Selon une étude parue dans le British Journal of Cancer, une mort par cancer du sein est évitée pour 2000 femmes ayant effectué une mammographie. Mais le risque d’avoir un surdiagnostic est de 1 sur 5 ![2]

Ce qui signifie que pour chaque femme sauvée d’un cancer, trois sont diagnostiquées à tort d’un cancer qui n’existe pas ou n’aurait pas nécessité de traitement[3].

La solution : moins de dépistages, en ciblant les cas à risques, et plus de prévention

Plutôt que d’épuiser les finances publiques en traitant tous les cancers, on ferait mieux d’investir dans la prévention, à travers des vraies politiques de santé publique (réduction du tabagisme, de l’alcoolisme, de la malbouffe) et de réduction des facteurs favorables au cancer (pollution de l’air, radiations, pesticides).

Le dépistage devrait être réservé à certains cancers, et à certaines populations à risque, lorsqu’un rapport bénéfice-risque est démontré.

Signez la pétition pour :

  • faire un bilan bénéfice-risque de tout protocole de dépistage avant de le généraliser,
  • restreindre le dépistage aux populations vraiment à risque,
  • améliorer la recherche sur les biomarqueurs tumoraux permettant un dépistage précis et sûr,
  • refuser les tests anti-cancer non ciblés des lobbys,
  • allouer plus de ressources aux programmes de prévention.

Auteur : Frédéric Forge

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