CBD : stop à l’hypocrisie

Pour la liberté de prescription du CBD

Adressé à : Agnès Buzyn, Ministre de la Santé et à la Haute Autorité de la Santé

En 2017, l’OMS a conclu que le cannabidiol (CBD), un composé du cannabis n’était ni nocif pour la santé, ni susceptible de provoquer une dépendance.

Des pays comme le Canada, l’Australie ou la Suisse se sont emparés de l’opportunité et ont légalisé l’usage de ce cannabis particulier : les produits en contenant sont désormais considérés comme des médicaments (1).

Pourtant en France, rien n’a changé. Le CBD, véritable anti-douleur naturel, reste largement inaccessible aux patients !

Cette situation n’a pas lieu d’être.

Le cannabidiol (dit CBD), est un composant extrait du chanvre sans aucun effet psychotrope, différent du THC, qui est lui responsable de l’action euphorisante de la plante.

Il présente de nombreuses vertus médicinales :

  • anxiolytiques et antipsychotiques chez les personnes atteintes de schizophrénie ;
  • relaxantes et décontractantes qui aident à combattre l’insomnie ;
  • réduction des tumeurs cancéreuses (2) ;
  • anti-nauséeuses, particulièrement efficace dans le cadre de chimiothérapies (3)
  • et même efficace pour le sevrage à l’alcool et aux drogues dures (4) !

Et ce, sans aucun effet secondaire comme des troubles de la vigilance, de la cognition, ou des bouffés d’angoisse.

Le CBD serait surtout particulièrement efficace contre les douleurs chroniques, comme celles liées à la fibromyalgie, la sclérose en plaques ou l’épilepsie. Il est une alternative sérieuse pour baisser le recours à la prise d’antalgiques ou anti-inflammatoires traditionnels.

Sachant que :

  • la consommation d’antidouleurs est en constante augmentation depuis 10 ans ;
  • l’addiction aux antidouleurs provoque 4 morts par semaine en France ;
  • ces médicaments sont la première cause d’overdose mortelles entre 2000 et 2015 (5)

« Aujourd’hui, il y a plus d’overdoses chez les patients avec des douleurs chroniques que chez les consommateurs de drogue »

Nicolas Authier, président de l’Observatoire français des médicaments antalgiques

Nous n’avons pas le luxe d’écarter toute option pouvant baisser ces chiffres dramatiques.

Ce sont en tout plus de 300 000 patients qui se retrouvent aujourd’hui privés d’un remède pouvant les soulager (6).

300 000 personnes, désespérées et prêtes à tout pour atténuer leurs douleurs.

Et le droit français les enferme dans une impasse thérapeutique.

Vide juridique autour du CBD = non-assistance à personne en danger

Le cannabis en tant que tel est interdit en France. Or le statut du CBD, lui, reste flou.

Le droit stipule en effet que si la plante contient moins de 0.2% de THC, elle peut être utilisée à des fins industrielles. Mais quid de l’utilisation médicale ?

La Ministre de la Santé, Agnès Buzyn a elle-même admis que la législation était “un peu floue” (7) !

Elle a aussi précisé : “ Il va falloir qu’on revoie la législation et revoir comment on met de l’ordre dans tout cela ”

Et désordre il y a.

Par manque de directives claires du Gouvernement, les représentants de l’Etat sont livrées à elles-mêmes.

Certains parquets, comme à Paris font systématiquement fermer les boutiques proposant des produits contenant du cannabis CBD, alors que d’autres à Saint-Etienne ou Montpellier, continuent d’avoir pignon sur rue.

Cette situation n’est pas seulement risible, elle est aussi dangereuse.

Elle laisse les malades livrés à eux-mêmes. N’offre aucune alternative à leur souffrance.

Acculés et délaissés par un système de soin défaillant, les patients plongent dans l’illégalité.

Ils achètent du chanvre chargé en THC au marché noir, ou alors font pousser des plans eux-mêmes, la peur au ventre de voir un jour la police débarquer chez eux. Surtout, ils consomment du cannabis sans aucun contrôle médical des doses utilisées.

Ce qui devait être une nouvelle voie pour soulager les patients, dans le contexte actuel, les met en danger.

En finir avec l’hypocrisie

Cette inertie des pouvoir publics se fonde sur des arguments classiques qui ne tiennent pas la route :

1) Il provoquerait une dépendance – Faux.

Seulement 9% des personnes consommant du chanvre au cours de leur vie deviennent dépendantes, contre 15% pour l’alcool et 32% pour le tabac.

De plus, pour plus de 90% des consommateurs de chanvre, cette pratique reste occasionnelle (8)

2)  Il représenterait un combat déguisé pour la légalisation du cannabis récréatif – Faux.

Ne cédons pas à l’amalgame : les consommateurs de CBD cherchent à diminuer leur souffrance, pas à se « défoncer ».

Il ne s’agit pas de faire l’apologie du cannabis ou des stupéfiants, mais de reconnaître le potentiel médical d’une plante pouvant soulager de nombreux patients.

2020 : enfin le bout du tunnel ?

Fin janvier, la nouvelle fait la une de plusieurs journaux nationaux.

Une grande expérimentation sur le cannabis thérapeutique a été approuvée par le gouvernement (9).

L’Etat serait-il enfin parvenu à la raison ?

Ne crions pas victoire trop vite.

En effet, avant même d’avoir commencé, ce test est décrié par plusieurs associations.

Pourquoi ?

  • Initialement prévu avant l’été, il a d’ores et déjà été repoussé pour septembre 2020;
  • Il ne concernera que 3 000 patients. Soit 1% seulement des 300 000 personnes désespérées qui pourraient dès aujourd’hui bénéficier des propriétés du CBD pour calmer leurs douleurs ;
  • Le cannabis thérapeutique leur sera prescrit en « dernière intention », c’est-à-dire lorsque tous les autres médicaments se sont avérés inefficaces. Pourquoi donc, alors que le but même est de tester les vertus thérapeutiques du CBD ?
  • Car les médecins spécialistes s’embarquent dans ce test à reculons (9). Les généralistes eux, ne pourront pas prescrire du CBD à leurs patients.

Plus on creuse, et plus cette expérimentation ressemble à une véritable farce…

Or, pendant ce temps, des gens souffrent.

Madame la Ministre,

Une étude de 2 ans, sur 3 000 personnes, c’est beaucoup trop peu.

Et beaucoup trop tard.

Parce qu’il est absurde, si ce n’est cruel, de priver des patients en souffrance d’un moyen de faire face à leurs douleurs, nous demandons dès aujourd’hui :

  • que l’expérimentation soit menée sur au moins 30 000 personnes (ce n’est pas les volontaires qui manquent) ;
  • et ce dès le premier semestre 2020;
  • que les médecins généralistes soient inclus dans ce processus ;
  • et qu’au bout d’un an, sauf complications majeures détectées, toute nouvelle personne demandant à être traitée avec du cannabis thérapeutique, puisse en recevoir et être accompagnée dans sa démarche par son médecin.

Car ces personnes ne sont pas des criminels.

Ce sont juste des malades en souffrance.

Et il serait temps de leur venir en aide.

Madame la Ministre,

Vous ne pouvez plus fermer les yeux sur les souffrances de milliers de personnes, alors qu’une solution est à portée de main.

Il est temps d’agir, et de vous montrer à la hauteur de votre titre.


Auteur : Rémi Leclerc

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