À bas la pauvreté en France !

Adressé à : Marine Jeantet, Déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté

Depuis plusieurs mois, nous vivons une expérience inédite.

Nous nous apercevons clairement de la crise économique et sociale qui s’abat sur notre pays.

 

Une situation sociale inédite

Nous le savons tous, Madame la Déléguée, les minimas sociaux ne permettent pas de vivre décemment dans un pays comme le nôtre.

Que l’on vive en cité HLM ou dans certaines contrées de France, la pauvreté génère isolement social et sentiment d’insécurité.

Cette situation a été accentuée par le confinement : des intérimaires ont perdu leurs missions et beaucoup de salariés ont connu une baisse de leurs ressources.

Pendant ce temps, les budgets alimentaires ont énormément augmenté du fait de la fermeture des écoles.

Les associations d’aide alimentaire ont vu leur nombre de demandes exploser.

Ainsi, le secours populaire de Brest a enregistré un taux de fréquentation 40% supérieur à la normale !

Des étudiants et des travailleurs précaires, non connus jusque-là, se sont ainsi présentés.

Alors, pour les prochains mois qui s’annoncent bien sombres, comment faire face à toutes ces nouvelles personnes démunies qui se manifestent, tout en continuant d’accueillir les personnes déjà accompagnées ?

Comment faire perdurer les denrées alimentaires si le budget ne permet plus aux associations de s’approvisionner pour satisfaire tous les besoins ?

Un plan pauvreté aujourd’hui inadapté

Le plan pauvreté présenté en 2018 par Emmanuel Macron prônait d’importantes ambitions. J’en rappelle ici les principales mesures :

  • Petit déjeuner offert dans les écoles primaires situées en ZEP et plafonnement de la cantine pour les budgets les plus précaires.
  • Financement de places en crèche pour les familles défavorisées et pour les enfants en situation de handicap.
  • Création du service public de l’insertion et obligation d’accompagnement pour les jeunes de 16 à 18 ans en situation de décrochage scolaire.

Ce plan a été discuté sur l’année 2019 avec les partenaires sociaux et un projet de loi devait être présenté en 2020, pour une application en 2023.

On peut reconnaître la pertinence de ces propositions, dans un contexte économique plus favorable.

Il n’en demeure pas moins que l’idée de base se concentre sur la valeur travail et la reprise d’une activité économique par le public concerné.

Mais comment rester sur ce principe de base dans un contexte complètement bouleversé par le chômage de masse qui marquera durablement notre économie ?

De nombreux secteurs (bâtiment, restaurations, hôtellerie, automobile) sont très durement impactés par les mesures d’arrêt de leur activité, et n’ont aujourd’hui plus de trésorerie suffisante pour sauvegarder les emplois.

Il est nécessaire de modifier l’angle emploi pris par le gouvernement et d’aller beaucoup plus loin dans les mesures en faveur des plus démunis.

Cela ne peut pas attendre 2023, il y a urgence à agir !

Nous exigeons des axes forts en matière sociale et notamment :

  1. Annulation de la réforme de l’assurance chômage qui fragilise davantage les publics les plus précaires.
  2. Modification de la réforme des allocations logement, dont le calcul trimestriel désavantage les publics percevant des ressources instables.
  3. Augmentation des budgets de tous les acteurs œuvrant pour l’aide alimentaire, l’accompagnement social et l’insertion socio-professionnelle.
  4. Report de la fin de la trêve hivernale à 2021.

Auteur : Luc J.

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