22 heures. Je pars travailler de nuit dans un EHPAD, à 22 kilomètres de chez moi. Il n'y a pas de bus à cette heure-là, et il n'y en aura jamais : ma commune n'a pas les moyens d'un réseau nocturne.
Ma Clio de 2011 roule très bien. Elle est aussi, depuis peu, classée Crit'Air 3. Dans deux ans, selon le calendrier voté pour ma zone à faibles émissions, je n'aurai plus le droit de m'en servir pour aller travailler dans ma propre ville.
Une transition à sens unique
Une voiture électrique à 35 000 euros ? Pas avec mon salaire d'aide-soignante. Pas avec celui de personne dans mon quartier. Les aides existent sur le papier — bonus écologique, prime à la conversion — mais elles couvrent rarement plus de 20% du prix d'un véhicule neuf, et les modèles électriques d'occasion abordables restent rares sur le marché.
Les ZFE, présentées comme une mesure de santé publique, sont surtout devenues une mesure qui trie les Français selon leurs revenus : ceux qui peuvent changer de voiture, et ceux qu'on empêche, tout simplement, d'aller travailler. Selon plusieurs associations d'automobilistes, ce sont plusieurs millions de véhicules qui seraient concernés par les interdictions progressives dans les grandes agglomérations françaises.
Ce que nous demandons
- Un moratoire sur les interdictions de circuler pour les travailleurs de nuit et les métiers sans alternative de transport en commun
- Une aide au rachat proportionnelle aux revenus, et non un forfait identique pour tous
- Le développement réel des transports en commun nocturnes avant toute interdiction
- Une clause de sauvegarde pour les véhicules anciens roulant peu (moins de 5000 km/an)
Je ne suis pas contre l'air plus propre. Je suis contre le fait de payer seule le prix d'une transition décidée par des gens qui ne prennent jamais leur voiture à 5h du matin pour aller travailler. Signez si vous aussi, on vous demande de financer une transition que vous n'avez pas les moyens de financer.
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