Plafonnement des  frais bancaires  : arrêtons d’enfoncer les personnes en difficulté !

Adressé à : Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances

Plafonnement des frais bancaires

Fin 2018, en réponse au mouvement de protestation des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron annonce le plafonnement des frais bancaires à 25 euros pour les personnes en grande difficulté financière.

Cette mesure est aujourd’hui pointée du doigt par l’association 60 millions de consommateurs, qui accuse les banques de ne pas respecter leurs engagements.

Cette décision politique censée améliorer la situation des plus démunis n’est toujours pas mise en pratique dans le système bancaire !

Près de 3,6 millions de personnes se trouvent en grande difficulté financière (interdit bancaire, surendettement, revenu limité).

Une étude accablante !

Une étude de cas réalisée par 60 millions de consommateurs et l’Union nationale des associations familiales (Unaf) sur un échantillon de 104 clients auprès de huit réseaux bancaires a mis en évidence que ce plafonnement pourtant obligatoire n’est toujours pas mis en place pour la majorité des clients en conditions défavorables.

Dans la pratique, ces derniers sont noyés sous les frais bancaires qui aggravent une situation financière déjà critique. Ainsi, 78 % des interdits de chèques et des surendettés ne bénéficient d’aucune limite de frais, et près de 91 % des clients à faible revenu sont chaque mois taxés pour découvert !

Halte aux prérogatives des banques qui se croient au dessus des lois et s’engraissent sur la misère des gens !

Des mesures de régularisation inégales et arbitraires !

Sommées de répondre à ces anomalies par 60 millions de consommateurs, certaines banques ont remboursé une partie des frais prélevés, d’autres ont proposé d’augmenter le découvert autorisé pour les clients qui n’ont pas bénéficié du plafonnement des frais bancaires à 25 euros.

Quelques enseignes n’ont même pas réagi à cette confrontation !

Lors de cette négociation du remboursement des frais prélevés, des produits et services complémentaires (assurance habitation, forfait téléphone) ont en outre été proposés aux clients, ce qui ne fait qu’aggraver une situation financière déjà préoccupante !

Dénonçons ce capitalisme prédateur et inhumain qui ne permet pas aux gens dans la difficulté de s’en sortir !

La notion de fragilité financière à l’appréciation des banquiers !

De son côté, l’Observatoire de l’inclusion bancaire, qui dépend de Bercy, affirme que les engagements pris par les banques sont appliqués.

Il s’appuie sur les observations effectuées en mai 2019 par l’Autorité de contrôle prudentiel de résolution (ACPR).

Comment expliquer une telle différence d’interprétation ?

Le problème essentiel, c’est de parvenir à se mettre d’accord sur la définition du « client en difficulté ».

Il semblerait que les critères de classification soient encore flous, ce qui peut expliquer le décalage entre les différentes sources d’observation.

La notion de « fragilité financière » est en partie laissée à l’appréciation des banquiers, au cas par cas !

Il est inadmissible que les banques fixent elles-mêmes les critères de définition des « clients en difficulté » !

Demandons tous ensemble à M. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, d’exiger des banques le respect du plafonnement des frais bancaires à 25 euros pour les personnes en grande difficulté financière !


Auteur : Hélène Morin

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