Pour un contrôle obligatoire et gratuit des capacités à conduire à partir de 70 ans

Adressé à : Christophe Castaner, Ministre de l’Intérieur et Président du Comité interministériel de la sécurité routière (CISR)

À partir de 45 ans, les fonctions cognitives et musculaires nécessaires à la conduite se dégradent [1]:

  • La vue et l’audition baissent ;
  • Dans l’obscurité, un conducteur de 60 ans aura besoin de 5 à 8 fois plus de lumière qu’un conducteur de 20 ans pour avoir une bonne vision nocturne et il sera plus sensible à l’éblouissement causé par les phares ;
  • Le champ visuel périphérique, de 180° à 50 ans, peut être réduit de 20 à 30° et même rétrécir jusqu’à 100° au-delà de 70 ans ;
  • Les temps de réaction augmentent et, à vitesse élevée, le délai pour distinguer un objet s’allonge ;
  • Les rhumatismes diminuent l’amplitude des mouvements ;
  • La capacité à effectuer une double tâche (sélectionner une information et agir immédiatement en conséquence) diminue.

Faire ce constat, ce n’est pas accuser les personnes âgées d’être séniles ou imprudentes, c’est simplement reconnaître les réalités du vieillissement.

Article paru dans le journal Le Matin, le 22.08.2019 [a]

L’âge moyen de la population augmente. L’âge moyen des conducteurs aussi. De plus en plus souvent isolées, les personnes âgées ont besoin de se déplacer et sont donc amenées à conduire de plus en plus souvent et à un âge de plus en plus avancé.

Nous respectons ce droit et cette nécessité, et nous souhaitons les défendre.

En moyenne, les personnes âgées sont probablement moins imprudentes que certains jeunes conducteurs. Les statistiques soulignent pourtant leur implication dans les accidents de la route.

Selon le bilan 2018 de la sécurité routière :

“En 2018, les tranches d’âge en sur-risque sont les 18-24 ans (97 tués par million d’habitants) et les 75 ans et plus (85 tués par million d’habitants).”[2]

Selon une étude de l’Université de Zurich, la dangerosité des conducteurs augmente fortement à partir de 75 ans[3]. Si l’on tient compte du nombre de kilomètres parcourus par an (souvent faible pour les conducteurs seniors), les personnes de plus de 80 ans courent quatre fois plus de risques que la moyenne de se blesser grièvement dans un accident qu’ils commettent. Leur risque d’y perdre la vie est même multiplié par huit.

Actuellement, un jeune conducteur est soumis à un barème de sanctions particulier en cas d’accident, et c’est normal.

Ce qui ne l’est pas, c’est qu’un conducteur puisse conduire toute sa vie, à cent ans et plus, sans aucune forme de vérification de ses capacités.

On devient progressivement moins apte à conduire en vieillissant : qui oserait prétendre le contraire ? Ces évolutions se font tellement progressivement qu’on peut devenir dangereux, pour soi, pour les autres, sans s’en rendre compte.

Article paru dans le journal La voix de l’Est, le 31 octobre 2019 [b]

En France, le permis de conduire est délivré sans limite de validité.

Seules les personnes atteintes d’une affection médicale doivent se soumettre à un contrôle médical périodique. Ce sont les conducteurs concernés eux-mêmes qui doivent déclarer leur condition, sous peine de voir leur responsabilité personnelle engagée en cas d’accident. De peur de perdre leur permis de conduire, beaucoup ne le font pas, et on les comprend.

L’article R 221-14 du Code de la route permet aux proches, lorsque ceux-ci le jugent nécessaire, de faire un signalement au préfet, qui peut alors imposer un contrôle médical au titulaire du permis de conduire. C’est une démarche lourde et culpabilisante pour la famille.

Au Québec, au Danemark et dans d’autres pays européens (Portugal, Italie, Espagne, Chypre, Finlande, Irlande, Malte, Pays-Bas, etc.), des formes de contrôle continu existent déjà. Dans la majorité des cas elles démarrent à l’âge de 70 ans.

En Espagne, le permis de conduire est renouvelé tous les dix ans quel que soit l’âge, puis tous les cinq ans à partir de 65 ans. En Angleterre, les conducteurs répondent à un questionnaire médical tous les trois ans à partir de 70 ans. En Italie, un certificat médical est nécessaire tous les trois ans à partir de 70 ans et tous les deux ans au-delà de 80 ans.

En France, c’est sur la base du volontariat que les conducteurs les plus inquiets ou les plus consciencieux révisent leurs aptitudes, par exemple en payant pour participer à des stages de remise à niveau organisés par la Prévention routière.

Réviser le Code de la route, tester son audition et sa vue, adapter son poste de pilotage, prendre conscience de l’impact de certains médicaments sur la conduite, c’est le meilleur moyen de s’assurer qu’on est capable de conduire sans danger, et donc de continuer à conduire.

Un contrôle gratuit et obligatoire des capacités de conduite n’a pas pour but d’empêcher les personnes âgées de conduire.

Au contraire.

C’est une manière de protéger ceux qui n’ont plus du tout les capacités de conduire, et de permettre à ceux dont certaines aptitudes déclinent, de s’adapter afin de pouvoir continuer à conduire sans danger.

Ceux qui conduisent très bien passeront le test sans difficulté !

Article paru le 15 février 2018 dans le journal Sud Ouest [c]

Afin de permettre aux seniors :

  • De mesurer objectivement leur habilité à conduire
  • De continuer à conduire plus longtemps dans de bonnes conditions de sécurité
  • Et d’empêcher les séniors qui ne sont plus en capacité de conduire d’être un danger pour eux-mêmes et pour la communauté…

Signez la pétition pour qu’un contrôle des capacités de conduire, obligatoire et gratuit soit instauré en France, à partir de 70 ans.


Auteur : Frédéric Forge

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