Pour sauver notre culture, rouvrons les librairies !

Adressé à : Emmanuel Macron, Président de la République, et Roselyne Bachelot, Ministre de la Culture

Monsieur le Président de la République,

Madame la Ministre de la Culture,

À l’heure où commence le deuxième confinement de l’année 2020, les commerçant.e.s subissent de plein fouet l’intensification des restrictions sanitaires qui les empêchent d’exercer pleinement leur activité.

Parmi eux, les libraires font partie des plus touchés, par la fermeture pure et simple de leurs boutiques et enseignes, pour une durée a priori que d’un mois, mais qui pourrait en réalité s’avérer bien plus longue.

Une situation aberrante

La fermeture des librairies en France apparaît comme un non-sens tandis qu’en parallèle, les écoles et lycées restent ouverts, alors que ces derniers représentent pourtant un risque de contamination plus élevé.

Si l’arrivée du coronavirus au printemps dernier a pu prendre de vitesse les professionnels du livre, ces derniers sont désormais aptes et parés à faire respecter les mesures d’hygiènes nécessaires.

Les libraires, déjà fragilisés par le premier confinement, seront nombreux à connaître la faillite totale si leurs enseignes demeurent fermées pendant ne serait-ce qu’un mois.

La solution du « click and collect », qui a déjà commencé à être instaurée par de nombreux libraires, a ses limites.

De plus, la fermeture des librairies intervient en une période importante de l’année : comme le rappelle un récent article de franceinfo culture, plus de 25% des livres achetés dans les deux mois précédant les festivités de fin d’année, ainsi, la perte du chiffre d’affaires serait colossale si le confinement devait durer jusqu’à fin décembre.

À propos de la concurrence déloyale

L’une des grandes inquiétudes des libraires concerne les évolutions à venir du marché du livre en France.

La fermeture des librairies augmente le recours aux commandes en ligne auprès des grands distributeurs et géants du numérique, notamment étrangers, à l’image d’Amazon.

Il ne faut pas oublier que la plupart des librairies sont aussi des commerces de proximité, des lieux d’échange et de sociabilité, en plus de représenter une part essentielle de la vie culturelle en France.

Ne reproduisons pas les erreurs des décisions politiques passées, comme la suppression du prix unique du livre (Net Book Agreement) dans l’Angleterre des années 1980, qui a entraîné une explosion de la concurrence déloyale et a permis aux géants de la distribution de l’emporter face aux libraires indépendants, pourtant garants de la diversité et de la qualité dans le monde de l’édition.

Les appels se multiplient

Dans ce contexte si particulier, le Syndicat national de l’édition (SNE), le Syndicat de la librairie française (SLF) et le Conseil permanent des écrivains (CPE) soutiennent les professionnels du livre dans leurs revendications actuelles, et afin d’éviter que « le confinement soit aussi culturel ».

Le 2 novembre, Frédéric Beigbeder, l’un des auteurs actuellement les plus en vue, dénonçait également l’opportunité offerte à Amazon d’accaparer toujours plus de terrain sur le marché du livre en France, chose rendue d’autant plus possible par la fermeture de milliers de librairies indépendantes.

La proposition pleine de bon sens de M. Beigbeder serait d’instaurer une taxe sur les bénéfices réalisés par Amazon, taxe qui serait ensuite reversée aux libraires français, et qui leur permettrait de surmonter la crise que nous traversons actuellement.

Par solidarité avec les libraires, l’Académie Goncourt s’engage à reporter son célèbre Prix, qui devait initialement être décerné le 10 novembre. Il en va de même pour l’organisation du prix Interallié, prévu pour le 12 novembre.

Nos revendications légitimes

Au vu des éléments exposés ci-dessus, nous réaffirmons notre désir de voir nos librairies rouvertes dans les plus brefs délais, et ce pour de multiples raisons :

  • Garantir l’indépendance de nos librairies face aux géants de la distribution et du numérique
  • Sauvegarder un secteur essentiel de la culture en France
  • Permettre aux libraires, surtout ceux en situation de précarité financière, de survivre à la crise et au confinement en continuant d’exercer leur activité dans le respect des consignes d’hygiène.

Auteur : Alex J.

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