En résumé : Nous demandons à la mairie l'abandon du projet de construction du centre des services techniques au Pont de Pile ainsi que de l'urbanisation prévue tout autour.
Car ce projet, s'il se réalise :
- Affaiblira notre agriculture
- Effacera la mémoire de la Résistance dans ce lieu chargé d'histoire
- Abîmera le cadre de vie, le paysage et la nature
- Découragera le commerce dans le centre ville
- Enclenchera la réalisation d'un projet touristique risquant de dénaturer le haut du village et de privatiser le château
- Amputera le budget communal alors que d'autres secteurs manquent déjà de moyens
- Entraînera Cadenet dans un processus irréversible de bétonisation de la plaine (comme à Pertuis, Cavaillon, etc.)
Il est encore temps d'arrêter cela, pour que Cadenet reste la petite ville que nous aimons. Il y a d'autres solutions pour améliorer les locaux des services techniques.
Nous signataires de la pétition, demandons donc que la mairie engage sans délai une modification du PLU visant à rendre l'ensemble de la zone à urbaniser du Pont de pile (en y incluant la parcelle constructible) définitivement agricole afin de sauver ces terres de la bétonisation.
-> Retrouvez les informations détaillées et des nouvelles de la mobilisation sur la page Facebook : https://www.facebook.com/groups/880636007700935
-> Vous pouvez contacter les personnes mobilisées à cette adresse : cadenet.terresendanger@proton.me
-> Vous pouvez écrire au maire à cette adresse : accueil@mairie-cadenet.fr
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En détails :
De quoi s'agit-t-il?
Les parcelles situées derrière le Pont de Pile sont actuellement menacées par un projet d'urbanisation mené par la municipalité de Cadenet. Le projet initial consiste en la construction d'un centre technique, qui occuperait 5 000 m². Ce centre remplacerait alors les locaux techniques actuels, situés dans le haut du village (donc aujourd'hui au plus près de la zone d'intervention des employés municipaux). En construisant au beau milieu de la parcelle, la vocation agricole de celle-ci sera alors définitivement perdue.
Autour de ce projet, une « zone à urbaniser » (inscrite comme telle au PLU) de plus de 4 hectares (40 000 m²) pourra alors être rendue constructible, pour une extension de la zone d'activité. C'est en effet la volonté de certains élus de Cadenet et de Cotelub depuis longtemps. Alors que beaucoup avaient cru à l'abandon de cette bétonisation, pour diverses raisons évoquées en réunion publique (problématique de zones humides, d'espèces protégées, etc.), l'acquisition récente d'une parcelle par la mairie et le démarrage d'une mission de bureau d'étude destinée à concevoir les locaux techniques nous a prouvé qu'il n'en était rien et que ces projet avancent, sans aucune annonce de la part du maire. De plus, nous venons de découvrir que Cotelub a annoncé avoir lancé une étude préopérationnelle pour l'extension de la zone d'activité (voir magazine de Cotelub de juillet 2025).
Le texte du PLU est consultable sur le site de la mairie mais les plans ne sont pas actualisés. Se référer à https://www.geoportail-urbanisme.gouv.fr/ pour connaître le zonage du PLU actualisé.
L'article du magazine de Cotelub ci-dessus annonce le lancement d'une étude pour l'agrandissement de la zone d'activité des Meillères à Cadenet.
Soyons conscients qu'à ce jour, rien n'est engagé de manière irréversible. Il est encore temps de reculer afin de se tourner vers une solution alternative qui améliorera effectivement les conditions de travail pour les services techniques sans sacrifier les parcelles du Pont de pile.
Un espace à préserver absolument
Des parcelles nécessaires à l'activité agricole
Les parcelles du Pont de Pile, que la municipalité a choisi de sacrifier, sont parmi les meilleures parcelles de la plaine. La présence d'une prairie depuis plusieurs années, maintenue sans recourir a des labours profonds, ainsi que la pratique du pâturage, ont permis d'acquérir une très bonne fertilité.
Pour devenir cultivables, ces parcelles ont bénéficié du travail de générations d'agriculteurs, à une époque où le travail se faisait à la main et avec les bêtes. Un immense réseau de canaux fut aménagé dans presque toute la plaine afin d'amener l'irrigation. Et surtout, un travail soigneux et précis de nivellement des parcelles a permis de rendre les parcelles totalement irrigables. C'est un travail qui prend des années. Il nécessite de labourer dans un sens précis, de déplacer de la terre, de surveiller les niveaux, etc.
Ouvrage d'irrigation sur la parcelle
Dans les parcelles du Pont de Pile, l'irrigation se fait par le canal de l'Argent passant au sud des parcelles. L'eau s'y déverse grâce à des ouvrages de dérivation construits en bordure du canal. La pente donnée aux parcelles permet à l'eau de circuler jusqu'à l'autre bout, c'est à dire en direction des coteaux. Le trop plein d'eau est alors évacué dans un petit caniveau passant au bord de la route. Il a donc fallu donner une pente allant à l'inverse du sens naturel de la vallée, c'est dire si le travail de nivellement a dû être important.
Aujourd'hui beaucoup d'autres parcelles de la plaine ne sont plus en état d'être cultivées dans d'aussi bonnes conditions. Certaines sont enclavées entre des constructions. A d'autres endroits les canaux ont été abandonnés ou bouchés. Enfin, beaucoup de terres ont été abandonnées du fait de la volonté de leur propriétaire et sont devenues incultivables en l'état.
Vue sur la zone depuis le chateau
Dans ces conditions, priver l'agriculture locale des belles parcelles fertiles du Pont de Pile est un vrai coup dur. Et tout comme on comprend que les éleveurs subissant actuellement l'abattage de leur troupeau vivent une vraie injustice, on peut comprendre que la disparition de parcelles aussi fertiles, ayant nécessité autant de travail, soit aussi une injustice.
Un lieu de mémoire de la résistance qui risque d'être effacé
Lors de la seconde guerre mondiale, les parcelles du Pont de Pile ont été le théâtre d'un événement tragique. En effet, à cet endroit, au beau milieu de la campagne, 8 résistants furent lâchement fusillés par les soldats allemands. Un seul homme a pu en réchapper et témoigner de cette tuerie. Depuis, ce lieu est devenu un lieu de mémoire. Des stèles, indiquant précisément où les résistants furent exécutés, ont été dressées au bord de la prairie.
Bien sûr, les maîtres d'ouvrage prétendront conserver ce souvenir en réaménageant les stèles au milieu de quelques arbustes décoratifs. Il n'empêche que le cadre dans lequel ces événements se sont déroulés aura totalement disparu. Ce n'est pas ainsi que l'on traite habituellement de tels lieux de mémoire.
Au contraire, nous pouvons aujourd'hui nous servir de cet espace pour résister, à notre tour, aux velléités de bétonisation qui participent lentement au saccage de notre belle région.
Extrait d'article de journal pour le cinquantenaire de la libération.
Un cadre de vie et un paysage auquel tout le monde est attaché
Qu'on l'observe depuis le château, ou que l'on y passe pour se balader, on ne peut qu'apprécier la vue de ces parcelles. Les sportifs, venant du village ou du camping, en font un parcours de prédilection pour le footing ou le vélo. On y croise parfois les brebis, que nos enfants réclament d'aller observer. Ceux qui sont attachés aux traditions aiment aller y ramasser des noix. L'endroit est calme, dégagé, apaisant.
La beauté de ce lieu, comme de la majorité de la plaine, est aussi dû à la pratique agricole de l'irrigation gravitaire par les canaux. Cette pratique est en effet reconnue pour maintenir cet écosystème verdoyant, rafraîchissant et accueillant une grande biodiversité. Contrairement à certaines idées reçues, ce mode d'arrosage ne constitue pas un « gaspillage » d'eau mais au contraire un moyen d'alimenter la nappe phréatique, compensant ainsi une partie des pertes dues à l'extraction gravière dans le lit de la Durance (encore un effet néfaste de la « bétonisation »). En 2024, « l'irrigation traditionnelle gravitaire par canaux en France » a même été inscrite à l'Inventaire national du Patrimoine culturel immatériel.
En renonçant à l'activité agricole sur ces parcelles et en les remplaçant par des bâtiments, c'est au bien être de tous les habitants du village que l'on renonce. Voilà pourquoi il est justifié que tout le monde se sente concerné par la préservation de ce lieu.
Photo de la parcelle avec le village en fond. C'est à cet endroit qu'est prévue la construction du centre technique municipal.
Des conséquences néfastes pour toute la commune
Les commerces du centre ville remis en cause
Chaque fois qu'on délocalise des travailleurs hors du village, on modifie la façon de vivre. Ceux qui se déplaçaient à pied pour aller au travail doivent désormais prendre la voiture. Et petit à petit les commerçants voient les habitudes de consommation se tourner vers les zones d'activité, à leur détriment et au détriment de la vie dans le village.
Pire encore, quand de nouveaux espaces dédiés au commerce verront le jour dans la plaine (dans le cadre de l'extension de la zone d'activité des Meillères planifiée par Cotelub), cela fragilisera à coup sûr ceux restés au village. Pour eux, la tentation sera grande d'obtenir une place dans la nouvelle zone à urbaniser. Voilà comment on assiste depuis des années à la mort des centres villes par la bétonisation des plaines (voir Pertuis, Cavaillon, etc.). Il serait très dommage que Cadenet, par sa politique urbaine, encourage cette tendance.
Un fort risque de dérapage budgétaire
Le projet prévoit la construction d'un centre technique de 5 000 m² au Pont de Pile alors que l'équipe technique travaille actuellement à partir d'un local situé sur une parcelle de 2 000 m². Certes il y a un besoin de rénovation et peut être d'agrandissement, mais il n'y aucune raison de penser que des services techniques qui sont aujourd'hui opérationnels et qui effectuent un travail très satisfaisant auraient besoin de plus du double de la surface dont ils disposent actuellement. Il y a donc un vrai risque que le projet soit trop coûteux par rapport aux besoins.
En outre, le fait de construire dans la plaine sur une parcelle de zone humide provoquera des surcoûts dans la réalisation du projet : par les fondations surdimensionnées d'une part, et par le paiement de compensations environnementales obligatoires d'autre part.
Enfin, la délocalisation des services loin du centre augmentera leur coût de fonctionnement, par l'allongement des trajets quotidiens : temps de travail, carburant, usure des engins.
Rappelons d'une part que c'est l'argent de nos impôts qui finance ce genre d'opération et d'autre part que certaines missions de la mairie sont actuellement insuffisamment dotées de moyens. Ce ne peut qu'être pire qu'une fois la construction au Pont de Pile engagée.
Dans l'équation, un projet touristique risquant de diviser fortement la population
Il existe une possibilité qui réconcilierait l'ensemble des enjeux et des parties. La mairie est propriétaire de la parcelle AM0159 d'une surface de 3 000 m², située à proximité immédiate des services techniques actuels et accessible depuis le parking des amandiers. Dans la mesure où il semble nécessaire de rénover et d'agrandir les services techniques, cette parcelle devrait logiquement être utilisée. L'accès des engins par le parking des amandiers plutôt que par la rue actuelle serait même une bonne chose pour le voisinage, lorsque le travail est démarré tôt le matin. Et surtout cela permettrait de ne pas sacrifier la plaine.
Vue aérienne du haut du centre-ville
Pourquoi cela ne se fait-il pas ainsi ? Car les élus actuels entendent utiliser cette parcelle (et peut être aussi celle du centre technique actuel) pour un projet d'une toute autre nature. Il s'agit d'un projet d'infrastructure touristique dédié à l'activité de fauconnerie. Nous n'avons que très peu de détails pour le moment. Voilà ce que nous avons lu et entendu à ce jour :
- Le projet sera porté par Cotelub : un prétexte pour justifier l'absence d'informations ?
- Le site du château sera dédié à des spectacles en plein air de fauconnerie, en journée et en soirée. Cela signifie t'il que des barrières et de la surveillance y seront mises en place ? Aura-t-on encore le droit de se promener au château quand bon nous semble ? Que contient la phase « d'aménagement » du château, annoncée pour 2026 sans plus de détails (la sécurisation du site étant en passe d'être achevée) ?
- L'ambition pour ce projet est grande. On entend parler « d'envergure régionale voire nationale ». Des cars de touristes à venir ?
Un tel projet touristique pourrait donc avoir des impacts très concrets sur notre manière de vivre au centre-ville et remettrait en cause notre tranquillité. Il ne s'agit pas d'être contre en tant que tel, mais de revoir son emplacement, son ambition et son impact sur nos espaces publics, en particulier le château.
Renoncer à construire sur les parcelles du Pont de Pile obligera donc la municipalité à remettre en question sa vision du développement touristique de Cadenet. Nous méritons qu'un sujet aussi crucial pour l'avenir du village soit travaillé de manière transparente et concertée, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Article dans le magazine de COTELUB, été 2024
Où en sommes nous ?
Le groupe de gens qui s'est réuni pour vous proposer cette pétition est composé d'habitants et de paysans de Cadenet. La plupart d'entre nous a pris conscience de l'imminence du projet de construction au Pont de Pile à l'automne 2025. Jusqu'alors, certains d'entre nous n'y croyaient pas ou bien n'étaient pas au courant. En effet, aucune annonce n'en a été faite dans la communication de la mairie. On a même entendu, dans plusieurs réunions publiques, certains élus de Cadenet et de Cotelub déplorer ne pas pouvoir étendre la zone d'activité des Meillères à cause des contraintes environnementales. De quoi nous rassurer, alors qu'il n'en était rien. Enfin, certains d'entre nous, au fait de ce projet, s'y étaient résignés, mais croient aujourd'hui en la possibilité de s'y opposer. En effet, même si des décisions ont été prises, on peut revenir dessus. Tant que les pelles mécaniques n'ont pas ravagé la parcelle, il n'est pas trop tard.
A l'heure où nous écrivons cette pétition, il nous paraît utile de vous partager toutes les décisions et événements dont nous avons connaissance concernant la promotion de ce projet de bétonisation ou de sa contestation, présentées dans un ordre chronologique :
- L'existence d'une enquête publique sur une modification du PLU est relayé dans le Tambour, qui ne précise pas l'objet de ce projet de modification.
- Le conseil municipal du 20 juin 2024 vote pour la modification du PLU qui permet à une parcelle de 5000 m² de devenir constructible afin d'y construire le nouveau centre technique. On y apprend qu'un élu de l'opposition avait défendu une alternative consistant en une extension des services techniques sur la parcelle située en bordure du parking des amandiers mais que cette possibilité a été rejetée. Les élus de la majorité votent pour la constructibilité au Pont de Pile et ceux de l'opposition votent contre. Lien : https://mairie-cadenet.fr/actes-administratifs/DEL-2024-066.pdf Pages 5, 6 et 7.
- Les exemplaires du Tambour se succèdent. On n'y trouve aucune communication sur ce projet.
- Le conseil municipal du 7 juillet 2025 vote pour l'achat de la parcelle F 231 dont une partie est devenue constructible pour le projet des services techniques. Les élus de la majorité votent pour l'achat de la parcelle, tous ceux de l'opposition votent contre. Lien : https://mairie-cadenet.fr/pdf/pv-07-07-2025-signee.pdf pages 5 et 6.
- Une mission de bureau d'étude commanditée par la mairie est signée pour la conception du centre technique. Lien : https://mairie-cadenet.fr/actes-administratifs/DEC-2025-031.pdf
- Dans son magazine de l'été 2025, Cotelub annonce le lancement d'une étude préopérationnelle pour l'extension de la zone d'activité des Meillères à Cadenet (extrait plus haut).
- Le 10 octobre 2025, la SAFER notifie le projet de rachat de la parcelle F 231 par la mairie, pour un montant de 80 000 € soit bien plus que la valeur agricole. C'est grâce à cette notification que les agriculteurs de la commune en prennent connaissance. A partir de ce moment là que nous décidons de nous mobiliser. L'un d'entre nous essaye de bloquer la transaction en intervenant auprès de la SAFER mais celle-ci ne peut donner suite à la demande de préemption car la parcelle est déjà constructible. A ce moment là, nous prenons connaissance des éléments qui ont précédé cette transaction, en consultant les comptes rendus des derniers conseils municipaux (modification du PLU en 2024, délibération sur l'achat de la parcelle, lancement de la mission de bureau d'étude) ainsi qu'en discutant avec des élus de la majorité comme de l'opposition.
- La campagne électorale est lancée avec une interview de Jean-Marc Brabant dans la Provence. Celui-ci expose ses objectifs et sa vision pour le prochain mandat mais n'évoque ni le projet de construction au Pont de Pile, ni l'extension de la zone d'activité, ni la fauconnerie pourtant si impactants pour la commune.
- Nous demandons un rendez vous avec le maire courant novembre.
- Le groupe d'opposition Cadenet Avenir publie un texte sur son compte Facebook pour dénoncer le projet de construction au Pont de Pile (publication du 24 novembre)
- Le maire reçoit deux d'entre nous le 26 novembre 2025 pour une discussion d'une demi heure au sujet de ce projet. Nous lui exposons nos arguments et demandons de renoncer à ce projet en modifiant le PLU de manière à ce que toute la zone à urbaniser du Pont de Pile soit classée en agricole. Ce n'est évidemment pas son intention. Nous évoquons la solution alternative d'extension des services techniques au bord du parking des amandiers : fin de non recevoir. Le projet de fauconnerie n'est pas évoqué par le maire.
- Nous élaborons un tract afin d'informer la population de Cadenet. Celui-ci est distribué dans toutes les boites aux lettres du village lors du week-end du 13 et 14 décembre. Lorsque nous avons l'occasion d'en parler avec les gens que nous croisons, nous recevons un réel soutien. Cela nous encourage à poursuivre notre mobilisation. En outre, la plupart des personnes rencontrées sont surprises d'apprendre ce projet d'urbanisation par notre intermédiaire et non par le Tambour ou par un article dans la presse.
- Début d'année 2026, toujours aucun signal sur un éventuel revirement du maire et de son équipe au sujet de la construction des services techniques au Pont de Pile qui pourtant risque de diviser fortement. Lors des vœux du maire, une discussion avec un élu de la majorité nous confirme que l'objectif de faire le projet est maintenu. Il va donc nous falloir passer à la phase 2, la pétition.
- A l'occasion des vœux de Cotelub le 13 janvier 2026, nous découvrons leur magazine de l'été 2025 qui confirme l'objectif d'étendre la zone d'activité des Meillères et celui de l'été 2024 qui confirme le projet touristique sur la fauconnerie.
Moralité : soyons des citoyens vigilants. A suivre...
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