Ne laissons plus les SDFs mourir en toute impunité !!

Adressé à : Julien Denormandie, Ministre chargé du logement

La France se targue d’être le pays des Droits de l’Homme, et pourtant, des femmes et des hommes continuent de mourir dans nos rues jour après jour, dans l’ignorance générale.

Combien exactement ?

Difficile à savoir, étant donné qu’aucune étude officielle récente ne nous renseigne sur la population des sans domicile fixe dans le pays, signe du désintérêt évident de l’État pour cette question.

Le travail du collectif indépendant “Les morts de la rue”, dont l’objectif et de dénombrer les décès de SDFs et d’alerter sur leurs conditions de vie, peut toutefois nous renseigner sur le sujet…

Et les résultats du rapport “Mortalité des personnes sans-domicile 2018”, publié en octobre 2019, ont de quoi faire froid dans le dos : l’an dernier, au moins 600 personnes sans abri auraient trouvé la mort, soit 15 % de plus que l’année précédente. Au moins, car la réalité est certainement bien pire : du propre aveu du collectif, cette étude n’est pas exhaustive, mais elle est un très bon indicateur de la situation des SDFs en France.

À bien des égards, les résultats du rapport sont affligeants : les sans-abri décédés en 2018 (qui ont pu être recensés) sont morts en moyenne avant 50 ans, tandis que l’espérance de vie en France est de 79,5 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes.

S’il fallait encore le prouver, il apparaît maintenant comme une évidence que vivre dans la rue mène à une mort prématurée : combien de temps encore les pouvoirs publics vont-ils tolérer cette situation inacceptable ?

“Les morts de la rue” nous apprennent également que la vie de sans domicile fixe est une vie de maladie, de troubles psychiatriques, mais aussi d’addiction (à l’alcool, aux médicaments ou à des substances psychotropes). Mais alors, comment faire pour ne pas envoyer des centaines de personnes à la mort chaque année ?

Le rapport nous livre des recommandations salutaires que le gouvernement aurait tout intérêt à lire attentivement pour redresser la barre.

  • En premier lieu, il est primordial de renouveler les statistiques officielles sur la population SDF : la dernière étude de l’INSEE sur le sujet date de 2012 !

    Des données actualisées et fiables permettraient de mieux comprendre les personnes sans abri et de mieux leur venir en aide. Autre mesure phare : mettre en place un accompagnement continu des SDFs au niveau social (entretenir les liens sociaux, assurer des prises en charge en hébergement sans discontinuité) et au niveau médical (qu’il s’agisse de soins curatifs, palliatifs ou psychiatriques).

  • L’accès au droit commun et au logement doit également être une priorité.
  • Enfin, des mesures spécifiques doivent être prises en faveur des femmes SDFs, qui subissent souvent des violences et des discriminations supplémentaires liées à leur genre : mise à l’abri prioritaire, structures d’accueil réservées aux femmes, accès aux services d’hygiène et aux soins de base…

Compte tenu de ce rapport accablant, il est de notre devoir d’exiger des actions concrètes des pouvoirs publics pour mettre fin à ce fléau !

C’est pourquoi nous demandons

à Julien Denormandie, Ministre chargé du logement,

de cesser d’ignorer le problème des SDFs et de prendre connaissance des recommandations du collectif “Les morts de la rue” : pour le renouvellement des données officielles sur les sans-abri, pour un véritable accompagnement de ces personnes en situation de détresse physique et mentale, pour un accès généralisé au logement et pour une meilleure protection des femmes SDFs !

Il est temps de mettre fin au massacre : signez cette pétition pour offrir une existence humainement acceptable aux sans-abri.


Auteur : Arnaud Lefebvre

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