Soutien aux maires anti-pesticides !

Adressé à : Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation ; Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire ; Emmanuel Macron, président de la République.

50 maires en France ont fait le choix courageux d’interdire l’utilisation de pesticides à moins de 150 mètres des habitations.

Seulement, sur ces 50 arrêtés, 4 ont déjà été cassés par un tribunal et 11 ont été attaqués par le préfet. (a)

La raison ?

« L’utilisation des produits phytopharmaceutiques relève d’un pouvoir de police spéciale confiée au ministre chargé de l’agriculture. »

Autrement dit, c’est au ministre de prendre ces décisions, les maires n’ont pas à s’en préoccuper.

L’État préfère donc attaquer ses représentants plutôt que de les soutenir dans leur démarche de protection de leurs concitoyens.

Mais dans quel monde vit-on ?

Les principes de juridiction seraient-ils donc plus importants que la santé de la population ?

Répondre à une « carence de l’État »

Seulement, l’Etat ne protège pas la population car il ne restreint pas l’usage des pesticides, qui eux affolent de plus en plus les Français.

Ainsi le maire de Langouët, qui a été un des premiers à prendre un arrêté et qui se trouve actuellement en situation de bras de fer avec la préfète d’Ille-et-Vilaine, explique qu’il y a aujourd’hui une “carence de l’État”.

Maire de Langouët

« Je dois, dans la Constitution française, protéger ma population si je constate qu’il n’y a pas une protection de part de l’État et je gagnerai au tribunal là-dessus un jour aussi… » (b)

Cela tombe sous le sens. Et pourtant…

Des cocktails de pesticides qui contaminent tout, même les champs bio

Nous n’avons plus le luxe d’attendre que le salut vienne de l’État.

Je ne vous apprends rien sur la dangerosité des pesticides. L’exposition aux produits phytopharmaceutiques pulvérisés dans les champs alentour nous met tous en danger, comme le révèle des tests de présence du glyphosate sur les habitants de la commune de Langouët. (c) L’habitant le plus contaminé était… un petit garçon, qui mangeait pourtant bio chez lui et à l’école.

Cette impuissance à se protéger soi-même et ses enfants devient insupportable.

Le gouvernement se soucie plus des lobbies que de ses citoyens

Arrété anti-pesticides : Emmanuel Macron

Face à l’engouement médiatique de ces arrêtés, le président Macron a réagi. Dans une interview, il déclare soutenir les “maires anti-pesticides” sur le fond.

 « Il y a des lois, [la préfète] doit les faire respecter, donc je serai toujours derrière les préfets qui font respecter les lois », a expliqué M. Macron, en estimant que « la solution n’est pas de prendre un arrêté qui n’est pas conforme à la loi » mais plutôt « de mobiliser pour changer la loi »

Si seulement une loi comme celle-là existait…

Une loi comme la loi Équilibre Alimentation Agriculture votée en octobre dernier, où le gouvernement a repoussé toute législation sur les pesticides en zones habitables.

Sur le fond d’accord. Mais pour le passage à l’acte, on repassera.

Une différence entre « la volonté et l’action »

L’aberration continue.

Ce jeudi 5 septembre, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a relevé la différence cruciale entre « la volonté et l’action ».

Pour elle, les pesticides sont dangereux et c’est tout à fait louable de vouloir les éliminer.

Seulement, elle affirme qu’interdire les pesticides à 150 mètres des habitations serait une « folie pour les consommateurs ».

Encore un grand écart entre les mots et les actes.

Du coup, qu’est-ce qu’on fait ? Rien, on continue comme avant.

On fonce dans le mur, mais avec les meilleures intentions du monde.

D’ailleurs, le gouvernement fait quand même des choses pour protéger ses citoyens, avance la porte-parole en citant l’exemple du glyphosate.

Vraiment ?

Pour rappel, les députés de la majorité ont refusé d’inscrire dans la loi son interdiction sous trois ans en mai 2018. Ils ont préféré laisser le sujet à l’Union Européenne. Manque de chance, celle-ci a autorisé la vente du glyphosate (et donc, fait un cadeau à Monsanto) jusqu’en 2022. (d)

Et elle ose parler de protection ?

Protection des intérêts des lobbies oui, qui doivent bien se frotter les mains à Bruxelles.

Annonces du gouvernement : entre miroir de fumée et farce

On pourrait se dire que le gouvernement a pris conscience de l’ampleur du problème, et surtout de la pression croissante des Français qui n’en peuvent plus d’être empoisonnés en toute impunité.

Ainsi, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a proposé samedi une zone d’exclusion de… 5 à 10 mètres entre les cultures sulfatées de pesticides et les habitations.

Outre le fait que c’est quinze fois moins ce qui a été proposé par les “maires anti-pesticides”, c’est aussi une annonce complètement bidon.

Entre 5 et 10 mètres, c’est la distance recommandée sur les bouteilles de pesticides.

Un bon coup de com’ de la part du gouvernement donc.

On pourrait en rire si les conséquences n’étaient pas aussi graves.

L’État s’agite et tente de détourner notre attention des mesures concrètes qui pourraient nous protéger.

Et l’entubage continue.

Depuis ce lundi 9 septembre, le gouvernement organise via Internet une consultation publique sur les conditions d’épandage des pesticides.

Vous vous souvenez de la dernière grande consultation ? Le grand débat. Que s’est-il passé après ça ?

Absolument rien.

Un soufflé médiatique qui retombe dans l’indifférence générale.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières

Alors concrètement, que peut-on faire ?

Comment peut-on vivre aujourd’hui sans condamner nos enfants ? Pas ceux nés dans les 10 prochaines années, ces fameuses « générations futures » dont on aime tant parler.

Non, les enfants qui sont déjà là. Qui grandissent et qui, malgré toutes les protections que peuvent prendre leurs parents, sont contaminés par une multitude de produits chimiques contre leur gré.

On peut manger bio, habiter à la campagne et voter écolo, on ne peut pas les empêcher de respirer. Les pesticides ne s’arrêtent pas miraculeusement à la porte de votre jardin.

Au vue de l’inaction du gouvernement et du ministère de l’Agriculture, nous devons mener nous-mêmes ce combat contre les pesticides.

Nous ne pouvons plus compter sur l’État pour faire les bons choix. Il a prouvé, de manière répétée et systématique, que sa priorité n’était pas la santé du peuple français, mais plutôt le portefeuille des lobbies.

Par nos signatures nous soutenons les maires ayant pris des arrêtés anti-pesticides et exigeons que l’Etat :

  • Cesse toute poursuite contre les maires ayant pris des arrêtés anti-pesticides
  • Rétablisse les arrêtés ayant été cassés par la justice, et laisse donc laisse chaque maire légiférer sur le sujet en fonction des demandes de sa population
  • Inscrive dans la loi l’interdiction d’épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations

Si nous récoltons assez de signatures, alors d’autres maires oseront emboîter le pas à leurs homologues.

Et devant cette initiative populaire, le gouvernement n’aura pas d’autres choix que de respecter la souveraineté du peuple et revoir ces règles obsolètes.

Après tout, n’oublions pas qu’« un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis est capable de changer le monde. D’ailleurs rien d’autre n’y est jamais parvenu » (e).


Auteur : Caroline Samson

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