Chasse à la glu  : mettons-fin à cette pratique barbare et cruelle !

Adressé à : Emmanuelle Wargon, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire

Madame la Ministre,

Imaginez, vous vous réveillez le matin, vous ouvrez vos volets. Il fait beau, les oiseaux chantent.

Ah non, les oiseaux ne chantent plus. Il règne un silence de mort.

Car nos campagnes sont en train de devenir des véritables déserts.

En 15 ans, les populations d’oiseaux vivant à la campagne ont été décimés de 30%, soit un tiers en moins.

Toutes les espèces sont concernées.

60 % de moineaux friquet depuis dix ans, un tiers d’alouettes des champs disparues en quinze ans.

Et la tendance empire.

Face à l’urgence de la situation, certaines mesures ont été prises, comme la fin des pesticides dans les jardins publics à partir de 2020.

Seulement, en marge de ces efforts, la France reste la dernière nation en Europe à autoriser un crime barbare à l’encontre des oiseaux : la chasse à la glu.

Il s’agit d’attraper les oiseaux, en particulier des grives et des merles, avec des bâtons de bois enduits de colle.

« Les oiseaux se débattent, et plus ils se débattent plus ils s’encollent le plumage », explique le directeur général de la LPO Yves Verilhac.

Les oiseaux capturés sont décollés et enfermés en cage pendant plusieurs mois dans l’obscurité.

Lorsqu’ils voient enfin la lumière du jour, ils chantent avec frénésie et attirent leurs congénères. Ces derniers affluent et arrivent directement… dans le viseur des chasseurs.Ils n’ont aucune chance de s’en sortir.

Mais attention, pour les chasseurs cette pratique n’a rien de cruel car les oiseaux capturés sont relâchés à la fin de la saison de la chasse.

Relâchés oui, mais dans quel état ?

  • morts de faim,
  • plumage arraché,
  • contamination par des colles et solvants,
  • squelette endommagé…

Ces oiseaux-là sont déjà plus morts que vivants. 

Ainsi, les chasseurs retrouvent souvent au sol les cadavres des oiseaux qu’ils ont relâchés la veille.

Le Conseil d’Etat, complice de ce massacre

Il y a un an, La Ligue de Protection des Oiseaux a exigé l’interdiction de la pratique cruelle qu’est la chasse à la glu.

Le Conseil d’Etat a tout simplement refusé.

Le motif ?

Apparemment, il n’y a pas d’autre moyen de chasser ces oiseaux.

Une véritable aberration.

Cette décision est incompréhensible, injuste et irresponsable

Eh oui, la colle ne fait pas le tri.

Donc en plus d’être une pratique barbare, la chasse à la glu est aussi dévastatrice pour la biodiversité : des espèces protégées ou en voie d’extinction sont aussi les victimes des chasseurs.

Alors oui, les défenseurs de cette pratique crieront à la diffamation, car des quotas sont établis chaque année.

Mais comme chacun le sait, les quotas ne sont pas une technique infaillible.

Capture de nuit, sites isolés, manque d’effectifs…  Environ 50 agents ont à se partager 10 000 à 20 000 sites.

Les contrôles sont donc quasi-impossibles.

Sans compter ceux qui fraudent !

La glu s’achète librement dans le commerce, il est facile de capturer les oiseaux à la glu sans attirer l’attention ou se déclarer chasseur…

Le Conseil d’Etat a donc délivré un véritable permis de tuer.

Les oiseaux oui, mais aussi la biodiversité de nos campagnes.

Une exception qui n’a que trop duré

La chasse à la glu est utilisée dans cinq départements : les Alpes de Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Bouches -du-Rhône, le Var et le Vaucluse.

Cinq départements. Dans toute l’Europe.

Si cette pratique est interdite en Europe, pourquoi continue-t-elle d’être librement appliquée dans le sud-est de la France ?

Pourquoi accorder à ces départements une dérogation exceptionnelle ?

La chasse à la glu est-elle si vitale pour le pays ?

Bien sûr que non.

Madame la Ministre, il est urgent d’agir.

La chasse à la glu est une pratique archaïque, et cruelle.

Elle est néfaste sur tous les plans, pour les animaux, la biodiversité et tout l’écosystème des départements dans lesquels elle sévit.

Les seules personnes qui en tirent parti sont les chasseurs.

Il est temps de mettre fin à cette chasse sauvage et incontrôlée.

Cette pratique de la chasse à la glu ne fait pas honneur à la France, et nous discrédite devant l’Union Européenne.

Au-delà du simple bon sens, nous ne pouvons plus en 2020, détourner les yeux face aux conséquences de nos actions sur l’environnement.

Nous sommes tous responsables, chacun à notre échelle.

Madame la Ministre, il est temps de prendre vos responsabilités.


Auteur : Sandrine Henri

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