Investissement dans les énergies fossiles, ça suffit !

Adressé à : Conseils d’administration de Natixis, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale

5 ans après les accords de Paris

2015, rappelez-vous : la Conférence de Paris sur les changements climatiques (COP21), 195 pays dont l’Union européenne ont signé le premier accord universel sur le climat/réchauffement climatique.

Un beau logo vert. De beaux enjeux. En réalité, surtout des promesses.

Cinq ans à peine après les décisions prises à Paris, le bilan est encore plus inquiétant. Le secteur bancaire investit toujours plus dans les énergies fossiles, aggravant ainsi les conséquences déjà désastreuses de la crise écologique en cours.

COP25 : un bilan décevant, loin de l’urgence climatique

On pourrait penser que le bilan de la COP25 qui s’est tenue en 2019 à Madrid serait positif et que les objectifs de l’accord de Paris seraient sur la bonne voie.

Absolument pas, bien au contraire ;

  • les pays signataires sont plus divisés que jamais,
  • les Etats-Unis se sont retirés de l’accord de Paris,
  • les banques continuent de financer massivement les énergies fossiles,
  • adoption d’un accord minima, loin de l’urgence climatique.

Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu’à 5°C d’ici la fin du siècle, entraînant de nombreuses catastrophes.

« Les premiers responsables sont les entreprises elles-mêmes, mais ce sont les banques qui leur fournissent les moyens »

En Suisse, les banques se font pointer du doigt

Des militants ayant occupé illicitement une filiale de la banque Crédit Suisse en 2018 pour attirer l’attention sur les émissions de gaz à effets de serre générés par la place financière ont comparu devant le tribunal la semaine dernière.

Accompagné de 13 avocats bénévoles, le procès a vite soulevé la question du rôle joué par la finance dans le changement climatique.

Ce procès est désormais celui de la banque Crédit Suisse qui est pointée du doigt pour ses investissements dans les énergies fossiles.

Mais qu’en est-il en France ?

Le masque écologique des banques

Les banques arborent elles aussi aujourd’hui cette image d’acteur engagé dans la lutte pour le climat, pour notre bonne vieille terre.

F. Oudéa, Directeur Général de la Société Générale, l’affirme : la lutte contre le réchauffement climatique est un des enjeux clefs de la société.

Même rengaine chez la BNP Paribas qui soutient que :

« Nous ne voulons tout de même pas laisser à nos enfants et petits-enfants un monde où le changement climatique provoque une baisse de la qualité de vie ? »

Et c’est bien vrai, nous ne voulons pas.

Pourtant, en France, ces deux grands groupes bancaires ainsi que le Crédit Agricole et Natixis ont investi à eux quatre pas moins de 125 milliards d’euros dans les énergies fossiles depuis la signature des accords de Paris.

Ces chiffres donnent le vertige.

Mais ils ne sont rien si l’on dépasse les frontières françaises et que l’on commence à considérer le même problème plus globalement.

A l’échelle du monde en effet, ce n’est pas moins de 33 banques qui ont investi, de 2016 à 2018, environ 1900 milliards de dollars dans les énergies fossiles.

Tout simplement indécent.

Les conséquences désastreuses de l’investissement dans les énergies fossiles

Rappelons que les énergies fossiles sont responsables à hauteur de 80 % des gaz à effets de serre. En effet, ces hydrocarbures – le pétrole, le gaz naturel et le charbon – dégagent, en se consumant, du dioxyde de carbone.

Évidemment, des banques qui ont pris autant d’engagements écologiques ne peuvent pas outrancièrement financer l’exploitation des énergies fossiles. C’est pourtant ce qu’elles font… de manière détournée.

La Deutsch Bank par exemple, a effectivement arrêté de financer des projets dans le charbon, en dirigeant ses fonds dans le financement direct des sociétés charbonnières elles-mêmes.

Des procédés décevants de « maquillage » qui ne cachent pas la réalité des conséquences.

La Deutsche Bank est ainsi le premier soutien financier de la RWE, énorme compagnie allemande dans le secteur de l’énergie. Cette société exploite via l’une de ses filiales, la première source de gaz à effets de serre d’Europe, la mine de lignite d’Hambach, située dans la forêt du même nom. Avec une superficie de plus de 43 km2, cette mine condamne peu à peu la forêt à disparaître.

Notre but, c’est de faire cesser le mensonge qui entoure le paysage écologique.

Le problème est véritable.

L’enjeu des accords de Paris – de maintenir la hausse des températures à 1,5° C – est déjà une concession, et le constat alarmant d’un état critique.

Pour contenir le réchauffement climatique, il faudrait, selon le rapport de l’IPCC « Global warming of 1,5° C », avoir réduit les émissions de dioxyde de carbone de 45 % d’ici 2030 !

Ensemble, faisons en sorte que les banques prennent leurs responsabilités et respectent ce pour quoi tous les pays du monde se sont engagés !


Auteur : Maxime Collet

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