Rendons à la nuit ses étoiles

STOP à la pollution lumineuse en France

Adressé à : Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire

La dernière fois que j’ai vu les étoiles c’était en mars 2006. J’étais en plein milieu du Sahara, loin de toute ville.

Je n’avais jamais vu un tel ciel… Si intense… Si noir … Si pur…

La voie Lactée était étincelante.

Et vous, quand avez-vous vraiment vu les étoiles pour la dernière fois ?

Quand avez-vous vu un ciel bien noir la nuit ?

Savez-vous qu’un tiers de l’humanité ne voit plus la voie lactée ?[1]

En 2016, 83 % de la population mondiale et plus de 99 % de la population des Etats-Unis et de l’Europe vivaient sous un ciel pollué par des lumières artificielles.  [2]

L’éclairage urbain, les vitrines de magasins, les enseignes publicitaires, les bureaux allumés toute la nuit remplacent le soleil.

Une simple ampoule se voit à des dizaines de kilomètres. Alors imaginez des milliers de lampes allumées…

La Terre brille tellement dans la nuit à cause de toutes ces lumières que les villes sont visibles de l’espace !

Mais il y a malheureusement bien pire qu’un ciel privé d’étoiles…

La biodiversité complètement perturbée

La nuit, la nature ne dort pas, elle est aussi vivante que le jour. Les espèces nocturnes jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes.

Toutes ces lumières les perturbent :

  • modification du système proie-prédateur,
  • perturbation des cycles de reproduction,
  • perturbation des cycles migratoires…[3]

… sans parler du gaspillage énergétique immense…

… et sans parler des répercussions sur la santé physique et mentale des hommes [4]:

  • troubles du sommeil
  • perte de la force musculaire
  • prise de poids
  • augmentation de cancers

Loi nationale pour l’environnement

En France, le gouvernement a introduit dans le Code de l’environnement des dispositions relatives à la prévention des nuisances lumineuses fin 2018.

Tout ce qui est de nature à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore et aux écosystèmes, ou qui entrainent un gaspillage énergétique et empêchent l’observation du ciel nocturne. [5]

L’arrêté restreint l’éclairage la nuit, dans les jardins, sur les façades des monuments, dans les parkings ouverts, les équipements sportifs, les espaces naturels protégés…

  • établissement de spécifications techniques sur les éclairages,
  • interdictions temporaires ou permanentes pour certains types d’éclairage,
  • interdiction d’émissions lumineuses sur tout ou partie du territoire…

Mais la plupart des dispositions de l’arrêté n’entreront pas en vigueur avant 2021[6] et restent modestes pour la présidente de l’ANPCEN (Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement) car :

  • Selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), le parc d’éclairage public demande une puissance d’environ 1300 MW, soit 41 % de la consommation d’électricité des 670 000 communes. C’est trop ! [7]
  • Le parc d’éclairage public est aussi très vétuste. Le Syndicat de l’éclairage estime qu’au moins 40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans.[8]
  • Les maires peuvent déroger aux dispositions pour l’éclairage de mise en valeur de patrimoine et des bâtiments non résidentiel lors des veilles des jours féries chômés et durant les illuminations de Noël. [9]
  • Les préfets peuvent déroger à ces mêmes dispositions, lors d’évènements exceptionnels à caractère local définis par arrêté préfectoral et dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle ou d’animation culturelle permanente. [10]

On peut faire plus

On peut faire plus, on doit faire plus !!!!

Selon un sondage OpinionWay pour l’ANPCEN, 79 % des Français se disent favorables à la réduction de la durée d’éclairement des rues en pleine nuit.

L’association décompte déjà 12 000 communes qui pratiquent une extinction totale ou partielle de leur éclairage public au creux de la nuit.[11]

Mais il y a encore beaucoup à faire.

Madame la Ministre de la Transition écologique et solidaire, vous devez réduire encore plus les nuisance lumineuses en :

  • imposant une extinction partielle de l’éclairage dans les grandes villes, et totale dans les petites villes au creux de la nuit ;
  • remplaçant les 30% de lampes à vapeur de mercure par des lampes à vapeur de sodium ; [12]
  • remplaçant les ampoules à LED (elles consomment moins mais sont plus puissantes que les anciennes ampoules) par des ampoules dont la lumière bleue est fortement réduite ; [13] [14]
  • orientant mieux les lumières vers les zones à éclairer ;
  • mettant en place des systèmes de gradation de la lumière.

Nous n’avons pas besoin de lampes qui consomment 2 fois plus.

Nous n’avons pas besoin de lampes qui éclairent 10 fois plus.

Nous avons besoin d’éclairer la chaussée et non le ciel.

Aidez-nous à rendre à la nuit ses étoiles.

Merci


Auteur : Karine Genet

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