Stop au suicide  collectif de nos agriculteurs

La face cachée du bio et des pesticides.

Adressé à : Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation

Réagissons tous unis avant qu’il ne soit trop tard…

Avant, on était « pour » ou « contre » les pesticides.

Maintenant, on s’en prend aux agriculteurs directement !

Voici le genre de faits « divers », hélas récurrents…

Acculé dans sa cabine, l’agriculteur n’a pas pu se défendre.

Agriculteur agressé pesticides

Le 8 mars 2019, un agriculteur a été violemment agressé alors qu’il épandait du désherbant dans ses champs (1).

Un riverain a escaladé le marchepied du tracteur, et l’a roué de coups de poings.

Stop à la haine envers les agriculteurs !

Nous faisons face aujourd’hui à une véritable révolution à mener : reconquérir nos champs et notre alimentation 100% naturellement.

Mais ce combat ne peut se faire que dans la non-violence, par un peuple soudé.

Agriculteurs et consommateurs : nous sommes tous dans le même bateau.

Nos agriculteurs nous font manger de la m***, malgré eux.

Et ils en sont les premières victimes !

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

2019 : la fin d’un long tabou effroyable ?

En France, tous les 2 jours, un agriculteur se donne la mort (2).

Les raisons ?

Une précarité honteuse qu’on préfère cacher, par pudeur.
Un rouage du système qui s’abat sur eux comme une souris prise au piège.

Mais aujourd’hui, nos agriculteurs osent en parler.
Pour essayer de briser le cercle vicieux de ce qui les empêchent de sortir du « système ».

Ce paysan finit par se donner la mort en avalant le glyphosate qu’il répandait dans ses champs.

Être agriculteur aujourd’hui, c’est une véritable descente aux enfers.

Cette spirale infernale est le sujet du dernier film de Guillaume Canet, « Au nom de la terre ». Il raconte l’histoire vraie du père du réalisateur, éleveur de chevreaux, qui finira par se donner la mort en avalant le glyphosate qu’il répandait dans ses champs.

Louis, un jeune agriculteur témoigne (3).

Un jour, il reçoit un coup de téléphone de la banque, qui sommairement, lui annonce sa liquidation pour défaut de paiement.

Son monde s’écroule.

« Plus d’avenir, plus d’espoir, plus de vie, plus de goût de vivre, plus de sens dans le métier.

Je me suis retrouvé dans le bâtiment de derrière avec la corde au cou, à genoux, et je pleurais, je pleurais.

Je pleurais tout ce que je pouvais ».

Travaillant 14h-16h par jour, tous les jours de la semaine, sans prendre de vacances et tout cela, en se dégageant à peine un salaire.

Nos paysans, ceux qui nous nourrissent, n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Aujourd’hui, un tiers des agriculteurs vit avec moins de 350€ par mois. (4)

Certains, incapables de pouvoir se prélever un salaire, doivent demander… le RSA (5).

Imaginez travailler autant, et ne pas pouvoir en vivre dignement.

On marche sur la tête.

Ils travaillent à perte ! De quoi devenir fou…

Nos agriculteurs sont pris au piège de la finance

Les paysans d’aujourd’hui sont sûrs de leurs coûts, mais jamais de leurs recettes, dépendants des cours du lait ou de la viande fixés par les marchés mondiaux.

Tout le système est pipé, pour ne pas dire pourri.

Subventions pour rester dans l’ancien système pétrolier, consommateurs qui ne paient pas le juste prix (et qui veulent pourtant du bio), surendettement des agriculteurs acculés à demander le RSA….

Louis, notre agriculteur rescapé, explique qu’il vend un litre de lait 27 centimes à sa coopérative.

C’est beaucoup trop peu…

Cela ne suffit même pas à couvrir ses coûts fixes : frais de fourrage, d’électricité et d’amortissement de ses machines.

Les nouveaux esclaves du 21ème siècle

Pas de vacances, surendettement, aucune reconnaissance sociale, plus de 16h de travail par jour sans avoir la joie et la dignité de nourrir leur terre, leurs bêtes, et leurs voisins convenablement !

Nos paysans sont dans l’impasse.

Cultiver plus pour gagner moins.
Plus de parcelles, plus de rendements, plus de machines…
Pour gagner « comme avant, voire moins », sans surprise.

Beaucoup tombent dans la spirale du surendettement, aidés par les coopératives et les banques.

Jean et Thierry ont eux aussi été victimes de cette fuite en avant

Et loin de mettre le holà, leur coopérative les aide à s’enfoncer (6). Elle propose de leur vendre des semences et des pesticides à crédit et leur rachète leurs dettes, moyennant un taux exorbitant de 4% !

Des entreprises qui s’enrichissent sur la misère des paysans…

La banque propose elle des avances sur subventions, facturées à 3.5%.  Résultat, en deux ans, Jean et Thierry, nos deux jeunes frères agriculteurs sont passés de 80 à 105% d’endettement.

…et sur la misère des consommateurs bien sûr !

L’alimentation industrielle n’est plus à même de nous nourrir correctement.

Nous avons assez attendu pour voir les limites du système intensif dopé au pétrole…

Pour preuve, nos fruits et légumes deviennent de plus en plus pauvres sur le plan nutritionnel (7). Une pomme d’aujourd’hui contient 100 fois moins de vitamine C qu’une de 1950.

Autant boire de l’eau sucrée !

C’est le suicide par l’assiette qui nous attend si nous ne réagissons pas.

Nous sommes tous dans le même bateau. Alors, il est temps de se serrer les coudes !

Il est temps de briser ce cercle vicieux

La France devient un véritable cimetière.

Un cimetière de paysans d’abord.

De biodiversité ensuite.

Pourtant, il y a à peine une génération seulement….

La France était un pays hors-norme, riche de sa diversité et de ses exploitations familiales.

Or maintenant c’est un vrai désert (rappelons que plus de 200 000 kilomètres de haies (8) ont été arrachées de nos champs, de quoi perturber gravement la fragile pyramide alimentaire).

Avons-nous honte de notre ADN de nation agricole ? De nos paysans ?

En cinquante ans, la France a perdu 3 millions d’agriculteurs (9).

Alors que la plupart de nos grands-parents étaient agriculteurs, désormais seulement 4% de la population est dans les champs (10).

Les enfants ne reprennent pas l’exploitation familiale, souvent horrifiés d’avoir vu leurs parents trimer pour si peu de reconnaissance, tant matérielle que sociale.

Nos paysans sont écartelés.

Evidemment, la plupart d’entre eux veut arrêter ce schéma destructeur d’une agriculture intensive mortifère.

Pour se tourner vers de nouvelles pratiques agricoles bio inspirées de la biodynamie et de la permaculture.

Mais concrètement, c’est mission impossible :

  • Ils ne peuvent pas cultiver leurs semences librement (11).
  • L’enseignement de la permaculture en école agronome a été retoqué par le Conseil Constitutionnel.
  • Il n’y a pas d’aide financière de l’Etat pour amortir la transition agricole
  • Et sans formation, ni soutien des consommateurs, c’est tout simplement impossible.

Ils ont déjà la corde au cou.
Il faut les comprendre…

Mais alors, que faire pour sortir de cette spirale infernale ?

Tout d’abord, il faut avoir l’honnêteté de reconnaitre que cette situation est extrêmement complexe. Elle ne peut pas se résoudre d’un coup de baguette magique, ou à coup de bonnes intentions.

Non. Une vraie solution doit être systémique et impliquer tous les acteurs de la société.

Des gens comme vous et moi.

Eh oui, nous consommateurs, sommes aussi responsables de l’état de l’agriculture actuelle d’une manière ou d’une autre.

Et les conséquences nous affectent tous : le suicide du monde agricole se retrouve dans notre assiette.

Agriculteurs et jardiniers, brisez le silence :

« Je m’étais dit que si cela pouvait tuer les mauvaises herbes, cela pouvait me tuer aussi »

Cette phrase choc a été prononcée par Dewayne Johnson, jardinier de 46 ans qui a mené le premier procès d’un particulier contre le glyphosate (12).

Et il l’a emporté !

Le géant Monsanto a été condamné à lui verser 289 millions de dommages et intérêts.
Aux Etats-Unis, la firme agrochimique est confrontée à plus de 4 000 procédures semblables.

Cependant, tout l’or du monde ne pourra pas l’aider à soigner son cancer, déclaré incurable.

Car oui, la population agricole est particulièrement exposée : elle est par exemple beaucoup plus touchée par certains types de cancers (13).

Néoruraux, tenez bon !

Les enfants d’agriculteurs ne veulent plus prendre la relève.

Des urbains qui n’y connaissent rien repeuplent nos campagnes agonisantes pour tenter de créer de microfermes et recréer du sens localement.

Mais on est d’accord : tout le monde n’a pas forcément envie de se retirer dans les Cévennes pour devenir agriculteur bio.

Consommateurs, unissons-nous avec les agriculteurs

Mais, nous pouvons tous à notre échelle, user de bon sens et reprendre en main notre consommation, pas à pas :

  • Soutenons des marques comme « C’est qui le patron », qui rémunère au juste prix les agriculteurs après avoir établi un cahier des charges avec les consommateurs en amont (14). On paye quelques centimes de plus, mais quelle différence ? Ils permettent aux producteurs de toucher un revenu, et à nous de maitriser notre alimentation. On sait ce que l’on mange, d’où ça vient et comment cela a été produit. Equité et qualité donc.
  • Soutenons la ferme du coin en achetant auprès des producteurs locaux (vente à la ferme, marchés etc.). Des initiatives fleurissent aussi de toutes part, comme « La Ruche qui dit Oui ! », qui verse plus de 80% du prix des produits aux producteurs, contre seulement parfois 6% en supermarché (15).
  • Cela passe aussi par la reconnexion avec le producteur : acheter son fromage au fromager ou sa viande au boucher plutôt qu’en grande surface.
  • Et par la reconnexion avec la nature !

 

Soutenons les initiatives locales

Heureusement, des initiatives existent pour que l’agriculture française redevienne une agriculture du vivant.

Une vraie agriculture qui respecte la nature et l’humain.

  • Le réseau national de biodynamie propose des formations pour accompagner les agriculteurs (et même les jardiniers du dimanche), vers un fonctionnement qui garantit la santé du sol et des plantes.
  • L’adoption de la permaculture, qui permet de « ressusciter n’importe quel sol » en 5 ans. Comme le montre l’histoire folle de cet australien qui a réussi à créer une oasis autosuffisante en plein cœur d’un désert en Jordanie (16).

L’idée, c’est de recréer une synergie positive entre les différents acteurs locaux.

Nous dépendons TOUS des agriculteurs et de leur travail. Notre avenir et notre bien-être sont extrêmement liés.

La voie du juste milieu

C’est trop facile de taper sur les paysans, de les insulter car ils répandent des pesticides ou même les agresser physiquement.

Trop facile de s’en remettre aux politiciens, sans vrai espoir.

Pas de pays sans paysans

La France aime ses agriculteurs.

Unissons-nous tous ensemble pour soutenir les initiatives positives qui existent déjà, et militons pacifiquement pour un retour à une agriculture saine pour une société saine.

Nous avons tous un impact incroyablement positif

Nous regorgeons d’inventivité pour créer des solutions innovantes qui aident à la fois l’humain et la nature.

Alors signez et partagez cette pétition autour de vous

Pour que ce mouvement s’agrandisse #jesoutiensmafermeducoin

Faites passer le mot autour de vous, pour que ce mouvement grandisse et que chacun à son échelle, si modeste soit-elle, aide nos agriculteurs à s’en sortir.


Auteur : Emma – Saine Abondance

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